Massacre sur un air de fête

Ils sont des dizaines, des centaines, et même des milliers de malheureux moutons qui périssent sous les lames assoiffées des égorgeurs de la « fête » de l’Aïd el Adha — fête du sacrifice — Malheureusement, la Kabylie ne déroge pas à la sinistre règle. Après nous être écorchés à vif pour l’achat du mouton ; avec fébrilité et enthousiasme, ils s’activent à préparer haches, couteaux, coutelas, cordages et ustensiles de toutes sortes pour l’achèvement de suppliciés muets. Un vrai massacre écologique, se perpètre et se perpétue chaque année. Une catastrophe écologique qui menace de décimer notre cheptel dans sa totalité, car selon les spécialistes, il nous faudrait une trêve d’au moins dix années afin de reconstituer notre cheptel qui de plus, subit les affres de la contrebande à l’Est comme à l’Ouest.

Le plus dramatique est non seulement le sacrifice d’un animal qui n’a que la douceur de son regard pour implorer la pitié de son terrible égorgeur, mais aussi, le danger de la banalisation de l’acte barbare et ses conséquences que nous avons si durement endurées. Ainsi, les enfants ne sont nullement soustraits à un spectacle sauvage et insoutenable, qui dans l’immédiat peut les traumatiser, mais qui au fil des ans finit par leur procurer un réel plaisir ce qui est une dangereuse perversion. Autre conséquence néfaste sur l’environnement est l’état de pourrissement de nos rues, quartiers et cités : en ces temps de « fête », l’insalubrité et la saleté atteignent un seuil inimaginable. Le manque d’approvisionnement en eau, l’absence d’hygiène habituelle aidant, transforment la cité en champ de bataille entre microbes et bactéries faisant penser à juste titre au célèbre film d’horreur « Massacre à la tronçonneuse » et tout cela dans une ambiance de satisfaction et de puanteur générales !

Après la fête dit-on, on se gratte la tête, personnellement, je dirais dans ce cas, on doit bien se la creuser, car le tout bien considéré, doit-on toujours faire partie du troupeau ? ou mieux encore, la tradition a-t-elle le droit de nous mettre le couteau sur la gorge ? N’a-t-on pas fini de sceller des « fêtes » venues d’ailleurs sous le sceau du sang ?!

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