Mobilisation des jeunes kabyles contre le déni identitaire du pouvoir colonial algérien

Vivre dans un État kabyle libre et indépendant c'est porter bien haut l'étendard de ce qui est au cœur de ce que c'est que d'être Kabyle.

Kabylie (Kabyles.com) —La langue tamazight vient d’essayer une énième rebuffade, cette fois, de la part de la commission parlementaire algérienne malgré le statut national et officiel dont elle bénéficié dans ce pays gouverné par un président hagard et  impotent. La nouvelle s’est répandue comme une traînée de poudre. Dès que le refus de la  demande d’amendement d’un article pour la promotion et la généralisation de tamazight a été décidé par une commission parlementaire à la solde du pouvoir colonial algérien, la mobilisation des  kabyles contre ce déni identitaire s’est propagée instantanément.

 

À Ait Yahia Moussa, des élèves du lycée Moussaoui Mohamed se sont mobilisés en organisant une marche de protestation contre le rejet de la proposition de loi no 104, présentée par la députée des travailleurs (PT) Nadia Chouitem, appelant à la promotion et à la généralisation de l’enseignement de tamazight en Algérie.

Les rossards de la majorité présidentielle se sont opposés à l’amendement de cet article de loi imputable à l’anti-kabylisme que le régime arabo-algérien a toujours soutenu depuis le trépassé Boumediene et son subalterne mort-vivant Abdelaziz Bouteflika.

Les protestataires ont marché pacifiquement de leur lycée jusqu’à la maison de jeunes d’Ait Yahia Moussa, en scandant des slogans condamnant la politique colonialiste du régime algérien et en arborant une banderole sur laquelle figure le grand révolutionnaire kabyle, le lion de Djurjura, Krim Belkacem.

 

Cette marche est un symbole de résistance de toute une région fidèle à son identité kabyle. C’est une affirmation d’appartenance à une nation autre que cette Algérie arabe fomentée par des accapareurs venus squatter notre terre et effacer notre identité, notre langue et notre mémoire, a annoncé un jeune manifestant.

D’autres marches ont eu lieu ce dimanche 3 décembre 2017 partout en Kabylie, Tizi-Wezzu, Tuvirett, Vgayet… et des grèves au niveau des écoles et universités  vont suivre  pour dénoncer ce nihilisme, ce négationnisme, ce racisme et ce colonialisme arabo-algérien et pour réaffirmer que Kabylie ne peut pas être humiliée éternellement et que le peuple kabyle refuse la soumission et le déni identitaire. Définitivement,  il est temps pour  que les Kabyles se libèrent du joug du colonialisme algérien afin de  vivre librement, dans la dignité et dans une Kabylie libre et indépendante.

Cette mobilisation est un serment d’une jeunesse déterminée à ne jamais abandonner leur terre ni oublier leurs origines millénaires quelles que soient les cruautés qu’exerce le pouvoir colonial algérien, adepte de la nuit éternelle, depuis 1962 sur le peuple Kabyle.

Les jeunes de Tazmalt et Sidi Aich ont dénoncé de leur coté aussi le caractère raciste du régime arabo-baathiste algérien qui mène une véritable guerre contre le peuple kabyle . Les élèves ont brandi des affiches sur lesquelles on peut lire des expressions du rebelle  Lounès Matoub chérissant une Kabylie libre et singulière  .

Le mépris ou même l’insulte, ne semblent pas gêner le pouvoir algérien et ses valets. Pis, un kabyle qui se réclame kabyle les escadrons de la mort le prennent pour traître et menteur de coup. Non ! Nous aimons notre Kabylie, c’est notre pays et nous dénonçons vigoureusement l’injustice et la tyrannie du pouvoir algérien autocrate et illégitime. Nous ne sommes ni des manipulateurs ni des pyromanes. Nous prédécesseurs ont couvert la brèche de la sujétion après presque un siècle et demi de la domination française . Alors nous allons vivre librement ou mourir des héros comme eux pour notre chère patrie. La Kabylie, a déclaré un jeune contestataire.

Les kabyles doivent s’unir pour affirmer leur dignité et leur fierté. Affirmer et confirmer leur histoire : celle de leur parents, celle de leurs aïeux, celle de leurs ancêtres, a-t-il conclu

Les manifestants conviennent unilatéralement de la nécessité de bâtir un État kabyle. Un État de droits où chaque citoyen kabyle se sentira chez lui et parmi les siens. La nation Kabyle va permettre à chaque kabyle de s’émanciper et d’avancer. Vivre dans un État kabyle libre et indépendant c’est porter bien haut l’étendard de ce qui est au cœur de ce que c’est que d’être Kabyle.

Boualem Afir.

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