Moufdi Zakaria le Mozabite à l’arabisme exacerbé

Comment une nation qui s’est bâtie sur autant de mensonges et de tromperies historiques peut-elle prétendre à la modernité et à l’universalité ?

J’ai trouvé ces bribes d’un discours de Moufdi Zakaria (de son vrai nom Cheikh Zakaria Ben Slimane Ben Yahia Ben Cheikh Slimane Ben Hadj Aissa, etc.). Ce Mozabite auteur de l’hymne nationale algérien Kassaman en arabe à la demande d’Abane Ramdane. J’ai été frappée par l’arabo-islamisme exacerbé de ce Mozabite. Sa flagrante intolérance envers tout ce qui n’est pas arabe et musulman est aussi choquante que le fanatisme arabiste qu’il exhibe avec une fierté quasi palpable.

Je vous laisse juger ces quelques extraits du discours de Moufdi Zakaria, au 4e Congrès de l’Association des Étudiants Nord-Africains à Tlemcen en 1931.

« J’ai foi en Allah comme divinité, dans l’Islam comme religion, dans le Coran comme Imam, dans la Kaâba comme mausolée, dans notre Seigneur Mohammed — bénédiction et salut d’Allah sur lui — comme Prophète et dans l’Afrique du Nord comme patrie une et indivisible. »

« Je jure sur l’Unicité d’Allah que j’ai foi dans l’unicité de l’Afrique du Nord pour laquelle j’agirai tant qu’il y aura en moi un cœur qui bat, un sang qui coule et un souffle chevillé au corps. L’Islam est notre religion, l’Afrique du Nord notre patrie et l’arabe notre langue. »

« Je ne suis ni musulman, ni croyant, ni Arabe si je ne sacrifie pas mon être, mes biens et mon sang pour libérer ma chère patrie (l’Afrique du Nord) des chaînes de l’esclavage et la sortir des ténèbres de l’ignorance et de la misère vers la lumière du savoir, de la prospérité et d’une vie heureuse. »

« Tout musulman en Afrique du Nord, croyant en l’unicité de celle-ci, croyant en Allah et en son Prophète est mon frère et partage mon âme. Je ne fais aucune distinction entre un Tunisien, un Algérien, un Marocain ; ni entre un Malékite, un Hanéfite, un Chaféite, un Ibadite et un Hanbalite : ni entre un Arabe et un Kabyle, un citadin et un villageois, un sédentaire et un nomade. Tous sont mes frères, je les respecte et les défend tant qu’ils œuvrent pour la cause d’Allah et de la patrie. Si je contreviens à ce principe, je me considérerai comme le plus grand traître à sa religion et à sa patrie. »

« Ma patrie est l’Afrique du Nord, patrie glorieuse qui a une identité sacrée, une histoire somptueuse, une langue généreuse, une noble nationalité, arabe. Je considère comme exclus de l’unité de ma patrie et exclu de la communauté des musulmans quiconque serait tenté de renier cette nationalité et de rejeter cette identité. Il n’aura qu’à rejoindre la nationalité des autres, en apatride qu’on recueille. Il encourra la colère d’Allah et celle du peuple. »

« Notre patrie est l’Afrique du Nord, patrie indissociable de l’Orient arabe dont nous partageons les joies et les peines, les ardeurs et la quiétude. Nous unissent à lui, pour l’éternité, les liens de la langue, de l’arabisme et de l’Islam. »

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