Notre premier président est parti

Notre premier président Ahmed Ben Bella est enfin arrivé au bout de ses “peines”, comme tous les autres êtres vivants de cette planète, la terre, et de par la nature ce dernier voyage est toujours une chose attristante… puisque nul ne sait ce qu’il y a dans l’au-delà.

Notre premier président Ahmed Ben Bella a cessé de vivre. Oui. Cet homme qui a bien crié tout en gesticulant des bras, à sa descente d’avion à Tunis, le samedi du 14 avril 1962 « Nous sommes Arabes. Nous sommes Arabes. Nous sommes Arabes. » Trois fois heureusement, alors que le drapeau algérien n’avait même pas été officiellement hissé, tandis que nous les Kabyles commencions à peine à compter combien si chèrement nous avions payé pour nous libérer du colonialisme français…

Notre premier président Ahmed Ben Bella n’est plus. Lui qui s’est imposé de force en cette fin d’été de cette même année 1962, appuyé par les armées dites des frontières qui n’ont pas hésité à bousculer les quelques derniers survivants de la Willaya III avec leur armement lourd…

Notre premier président Ahmed Ben Bella est mort. Lui qui nous a pondu une première constitution à son image faisant de l’Algérie, ce pays au Sud de la Mare Nostrum, officiellement le 10 septembre 1963, un État arabe et musulman…

Notre premier président Ahmed Ben Bella a quitté la terre. Lui qui n’a servi qu’à peine 2 ans et demi à la tête du pays avant d’avoir été arrêté, emprisonné et mis hors de la vie politique par, oh ironie du sort, ses propres amis et ceux-là qui l’ont aidé à prendre le pouvoir de force…

Le temps a bien passé depuis et les choses ont continué… et comme tout autre humain qui a fait tant de choses de son vivant qui seront ou ne seront pas gravées dans l’Histoire…

Certains s’en souviendront et d’autres ne s’en souviendront pas et iront aux oubliettes comme on dit, sauf si elles sont écrites et rappelées périodiquement comme sa petite politique envers nous, les Kabyles, à commencer par avoir institué son arabisation forcée, base nécessaire à cette deuxième colonisation arabo-islamiste qui a fait de tant et tant de ceux de nous qui ne voulions point nous soumettre des exilés de longue date… pour ne pas dire pour toujours avec sans espoir de revoir cette terre que nous avons pourtant tant aimée.

Beaucoup se souviendront de vous notre premier président Ahmed Ben Bella car depuis votre prise du pouvoir de force en septembre 1962, cette date est devenue une référence que nous, les Kabyles, ne sommes pas prêts d’oublier, car, depuis, comme on le dit encore dans notre langue restée toujours aussi vivante : « Akken i s-tenna tegmart : seg wasmi yurweγ ur swiγ aman zeddigen » (Littéralement : « Comme dit la jument : depuis que j’ai mis bas, je n’ai plus bu d’eau potable. »)

D’autant plus que cela a bien continué avec votre ami et frère Boumediène en premier qui vous a mis en prison, ainsi qu’avec tous vos successeurs à la tête de l’État algérien, et qui continue après voilà bientôt 50 ans avec votre fidèle Abdelaziz, votre premier ministre des Affaires étrangères devenu notre 1er calife algérien !

S’il est bien certain que d’autres se rappellerons d’autres faits et actions que vous avez accomplis durant votre vie, et votre désir d’arabisation est hélas pour moi la seule et la toute première qui m’est toujours venue à l’esprit lorsque votre nom a été prononcé depuis mon départ du pays il y a quelques 44 ans, et le sera toujours.

N’étant nullement de nature religieuse et encore moins croyant en des gens qui se disent avoir entendu des voix, tout ce que je peux faire est de m’en arrêter là à vous voir traverser le styxe comme le feront tous les vivants de ce monde.

Toujours aussi respectueusement que… Kabyle… ment car comme on le dit chez nous « Smaḥ ilha.. smaḥ illa »

Adieu B. B.!

Ǝ-Miƨƨ Ṁuḥend Ṻjaεƒer

 

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