Nouvel attentat contre les symboles de la Kabylie qui résiste

Le buste de Bélaïd Aït-Medri saccagé

Les lâches agressions contre les symboles de la Kabylie continuent.

Après la statue de Matoub Lounès, saccagée à Tizi n Tleta, c’est au tour du buste de Bélaïd Aït Medri, érigé à Aït Hichem, près de Michelet, de subir l’outrage des vandales avec ordre de mission.
Qui sont les profanateurs ? On ne le sait pas, mais de graves précédents désignent la piste des commanditaires de ce lâche attentat contre la mémoire.

Dans les années 90, des militants FFS de la région voulaient rendre hommage à ce vieux militant nationaliste, fortement impliqué dans la « crise antiberbère » de 1949, en érigeant une stèle devant la place de la mairie. Les autorités d’Alger opposent leur veto, et le sous préfet ordonne aux gendarmes d’empêcher la cérémonie. Grâce à la maturité de la nombreuse assistance, qui, malgré la révolte, a réussi à garder son sang froid, le pire a été évité. Quelques années plus tard, la municipalité d’opposition « récidive » et impose la stèle au carrefour menant vers Azazga, Michelet, et Aït Yahia.Méconnu des jeunes générations, Bélaïd Aït-Medri occupe pourtant une place de premier plan dans l’histoire de la région. Né en janvier 1924 à Aït-Yahia, il adhère au PPA (Parti du peuple algérien) dans les années 40. Très vite, il devient l’un des dirigeants du district de Kabylie, aux côtés de géants du mouvement indépendantiste, comme Bennaï Ouali, Amar Ould Hammouda, Hocine Aït Ahmed, Omar Oussedik et autres Ali Laïmèche.

A l’indépendance, ce bachelier (l’un des rares à l’époque) aurait pu occuper un poste important dans l’administration centrale. Nommé sous préfet d’Azazga, « ce berbériste, fils des pères blancs » comme l’avait surnommé Ben Bella, s’engage dans l’insurrection du FFS contre la dictature d’Alger. Blessé lors d’un accrochage avec l’Armée nationale populaire, en décembre 1964, il est achevé froidement, à bout portant, d’une rafale de mitraillette.

Depuis quelques jours, son buste, déjà mitraillée par des inconnus, a été saccagé. Comme pour celle de Matoub Lounès, les lâches assaillants ont attaqué le visage, le nez. Tout un symbole.

Qui rendra justice à nos martyrs ? Qui défendra l’honneur de ces repères de notre passé qui balisent le devenir des nouvelles générations ?

Allas Di Tlelli

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