One two three : fini l’Algérie

C’est sous les bravos quasi-unanimes de la presse algérienne que l’équipe nationale est éliminée au bout de trois matches, dès la première phase de la Coupe du monde de football. Elle quitte l’Afrique du Sud sans avoir marqué un seul but et en perdant la première rencontre contre la Slovénie, pays de deux millions d’âmes, tenu en échec l’Angleterre et perdu de nouveau contre les États-Unis.

À l’instar de beaucoup de ses confrères, au lendemain de la défaite contre les Américains, le journal Echourrouk titrait :

« Les Verts quittent le Mondial 2010 la tête haute : une équipe d’avenir et un gardien d’envergure internationale »

La veille, le même journal annonçait en une :

« Les Verts promettent d’honorer les Arabes et les musulmans en écartant les Etats-Unis de la course »

On avait pourtant cru qu’après la polémique avec les Égyptiens qui ne s’étaient pas privés de nous rappeler que nous ne serions jamais arabes, on allait finir par retrouver un minimum de dignité nationale. On se souvient qu’à l’époque, nombre d’apparatchiks, pourtant artisans fervents de l’arabisation, farouches promoteurs de l’arabo-islamisme, avaient trouvé refuge dans l’amazighité de l’Algérie en exhibant fièrement Chechnaq, le premier pharaon amazigh qui avait régné sur l’Égypte.

Eh bien non ! Renvoyé dans ses pyramides, Chechnaq, oublié les fondements amazighs de l’Algérie : retour à la case-départ, aux constantes nationales, à l’arabisme et à l’islamisme. À ces deux mamelles nourricières de la nomenklatura algérienne adhèrerait également le peuple selon un « sondage » d’Echourrouq qui nous apprend que « 23 millions d’Algériens seraient prêts à participer à la “Flottille de la Liberté 2” » pour franchir le blocus imposé à Gaza.

Un conseil cependant : éviter d’embarquer à Annaba car, là-bas, les SDF locaux brûlent le drapeau algérien et brandissent le drapeau français. Mais pour secourir Gaza, il est vrai, nul besoin de se munir de l’emblème national algérien. Il y en partout à Gaza, y compris sous les pieds des Gazaouis qui l’ont furieusement piétiné au lendemain de la défaite de l’Égypte contre l’Algérie.

Quant au reste, on est rassuré. Le collectif sportif est en phase avec le pays. Au sein de l’équipe nationale, Rafik Saïfi qui, à l’occasion, assure l’intérim de l’imam dans les vestiaires, a tenu à se distinguer lors de la dernière conférence de presse tenue en Afrique du Sud. Sans doute mécontent d’avoir raté un but alors qu’il était seul face au goal américain, Saïfi, qui a voulu se rattraper, a préféré jouer de la main en giflant la journaliste Asma Halimi.

À notre connaissance, aucun de ses coéquipiers, aucun membre du staff, n’a dénoncé cet acte inqualifiable. Il n’y a pas de doute, nous sommes vraiment « arabes et musulmans ».

Un Algérien ni arabe ni musulman

 

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