Pourquoi boycotter le 9 avril prochain est un acte patriotique et un devoir citoyen

Que le lecteur soit averti ; le propos qui va suivre, sans être exhaustif, se refusera d’emprunter les dédales de l’hypocrisie intellectualiste et du politiquement correcte. Il sera question de pensées intimes et crues de la rue, émises dans une langue populaire sans a priori ni faux-fuyants car, nous estimons que la nature de la conjoncture actuelle faite de démobilisation et de reniements déclamés sur la place publique car devenus, par le renversement de l’échelle des valeurs, motifs de fierté, nous impose de nous dessaisir de nos théories politiciennes pour adopter des voies plus terre-à-terre dirions-nous, afin de tenter, tant que faire se peut, de dénoncer cette pollution politique qui impose le mutisme au sage, permet l’arrogance et l’outrance au lâche et désoriente complètement l’opinion. Ainsi, j’implore de prime abord l’indulgence pour le manque de purisme et d’éloquence qui pourrait caractériser cette opinion qui se veut puritaine.

Il est, en effet, des conjonctures si exténuantes, telle que celle dont nous subissons peut-être actuellement l’apogée et qui dure depuis au moins une décade, où le défaitisme et l’avachissement rivalisent avec l’opportunisme primitif, l’indignité et le désormais retournement de veste qui constituent un mode de vie quasi-généralisé et normalisé dans une société où la citoyenneté est plus que jamais en état de dégénérescence.

Ainsi, 47 ans après la crise de l’été 1962 qui a vu la jeune république indépendante prise par des putschistes arrivistes, 44 ans après le coup d’Etat interne aux mêmes putschistes de 1962 ayant installé définitivement le pays dans l’une des dictatures les plus redoutables de l’époque, après les fameuses révolutions agraire, industrielle, culturelle… digne du populisme autoritaire de Maximo le cubain dont on sait que trop bien la part de l’improvisation et ses conséquences catastrophiques sur la mise en place d’un développement qui n’a jamais pu s’amorcer dans la bonne direction.

Après 29 ans des premiers événements fondateurs du mouvement démocratique et ayant montré la nature répressive, autiste et manipulatrice du régime algérien qui n’avait pas hésité à verser dans l’intox et la désinformation pour stigmatiser toute une région accusée de tous les maux et dénier une culture et une langue plusieurs fois millénaire.

Après 21 ans de l’explosion d’octobre 1988 qui a enregistré des milliers de blessés, des centaines de torturés et plus d’un millier de morts par balles, après deux décennies depuis la reconnaissance criminelle du régime algérien des premiers partis se revendiquant clairement de l’islam politique dont certains leaders étaient des acolytes du premier noyau terroriste du tristement célèbre Bouiali, après la même durée depuis la livraison de milliers de communes aux « élus » islamistes dont la majorité ont séjourné à Peshawar, qui deviendront, deux ans plus tard, des bases arrières du terrorisme.

Dix-sept ans après l’arrêt du processus électoral qui allait assassiner définitivement l’espoir démocratique en Afrique du Nord, autant d’années depuis l’assassinat, en direct sur les écrans de télévision, de l’Espoir qu’incarnait Boudiaf, après 14 ans depuis la présidentielle de 1995 dont l’espoir suscité et l’engouement populaire extraordinaires n’avaient d’égal que la médiocrité et le snobisme prononcé des tenants du pouvoir qui n’avaient de cesse de négocier dans les coulisses de la prison de Blida et dans les maquis pour sauvegarder le régime lui-même.

Douze ans après la naissance d’un parti des entrailles de la fraude et qui se permettra au fil des années, toute honte bue, de distiller des leçons de patriotisme en se revendiquant de la tendance du moment au niveau des clans au pouvoir, en passant d’une posture éradicatrice à celle où il se fait l’apôtre d’une réconciliation pire que celle qui a été rejeté à coup de « fameuses marches spontanées » en 1995.

Dix ans après « la dernière grande fraude du siècle » qui a vu un ex ministre des Affaires étrangères sous Boumédiène et néanmoins artisan du putsch de 1965, imposé à El Mouradia par les mêmes vrais décideurs et faiseurs de présidents de toujours et ce, après une « traversée du désert » chez les émirs du golf qui aura duré une vingtaine d’années l’ayant tenu loin des déchirures et des tragédies qui ébranlaient au même moment l’Algérie de « el îza wa el karama ».

Une décennie après des discours fleuves qui narguaient et méprisaient le peuple qualifié de « fainéant et de médiocre » et qui insultaient une région dont les habitants avaient été qualifiés de « nains » par le futur président, neuf ans après « la concorde civile » qui excluait du pardon accordé en place et lieu des victimes, tout « égaré ayant les mains entachées de sang » comme si les criminels ne se lavaient jamais après avoir exécuté un policier ou un journaliste, charcuté le ventre d’une femme enceinte, piétiné le fœtus arraché, égorgé une jeune fille tombée enceinte après avoir, des mois durant, subi des viols collectifs…

Huit ans après le génocide perpétré, dans la durée, par la gendarmerie en Kabylie où des centaines de mutilés à vie et plus de 120 personnes assassinées à coup de balles explosives tirées dans le dos des manifestants qui fuyaient y furent enregistrés au même moment où le président, pour marquer son mépris vis-à-vis d’une région meurtrie qui criait justice, n’avait rien trouvé de mieux que de se rendre dans une capitale africaine pour assister à une rencontre, plus importante à ses yeux, qui traitait du sida, alors qu’en tant que chef suprême des armées, il aurait pu tout simplement donner l’ordre de cesser de tirer.

Autant d’années après la grandiose marche pacifique du 14 juin qui n’avait pour objectif que de remettre au président une plate-forme de revendications et qui a tourné au vinaigre en raison d’une manipulation machiavélique de l’opinion en attribuant aux marcheurs l’objectif insensé de venir détruire la capitale comme au temps des guerres tribales tout en exhortant les Algérois à défendre « leur ville », en associant même la délinquance aux forces de sécurités pour engager les hostilités contre « l’envahisseur » du jour et, notamment par voie de la télévision unique qui avait tenu, entre autre, ce commentaire que la mémoire collective ne sera pas prête d’oublier : « à la fin, les casseurs sont retournés d’où ils sont venus »…,

Cinq ans après le scénario Hollywoodien qui avait maquillé la grande fraude lors de l’élection présidentielle de 2004.Retour ligne automatique
4 ans après « la réconciliation nationale » et sa fameuse charte qui a définitivement scellé le choix idéologique du président, tourné plus que jamais vers le rassemblement des forces islamistes et militaro- conservatrices ; une « charte » dont la campagne a vu des émirs terroristes ayant nagé, des années durant, dans le sang, s’offrir un campus pour y tenir, excusez du peu, une conférence dédiée au président et à sa paix !

Après deux mandats qui ont coïncidé avec la période faste en raison du prix du baril du pétrole qui a caracolé, tout au long du règne Bouteflikien, au dessus des 100 dollars/baril, générant des centaines de milliards de dollars de réserve qui n’ont pas pu redonner des couleurs à une économie quasi inexistante et rangée par la corruption et ce, de l’avis même des experts en la matière qui parlent d’une panne de compétence et de volonté de construire chez les décideurs tous issus d’une culture née dans les déchirures du mouvement national et qui reposait sur la défiance dans la méfiance, le régionalisme, le jacobinisme idéologique et le populisme.

Cinq mois après le coup de force constitutionnel du 12 novembre 2009 où le vainqueur du 09 avril prochain avait été désigné et enfin, après deux mandats monotones et sans une véritable évaluation pour nous retrouver dans une campagne électorale prématurée et décousue, menée tambour battant, aux frais du contribuable et à coup de surenchère et de promesses renouvelées car ayant été déjà faites en 1999 et en 2004 sans jamais être tenues, le pouvoir et ses vassaux nous convient, en nous priant presque de faire comme si de rien n’était, en acceptant le piètre rôle d’électeurs-faire-valoirs qui oublieront, le temps d’une campagne tragicomique, toute leurs misères au quotidien qui ont accompagnés, sans discontinuer, toute la vie, la génération de nos grands-parents, de celle de nos parents, de la notre et qui promettent l’enfer à nos enfants ; des générations entièrement brisées car toutes, ont cru et s’étaient accrochées désespérément à l’illusion d’un changement qui permettra de réaliser le rêve fou d’une vie digne qu’avait suscités chez des millions d’Algériens la proclamation de l’indépendance et par la suite, les discours fleuves qui ont jalonné les 47 ans d’indépendance du pouvoir algérien et où il était question, comme aujourd’hui, de promesses sans lendemains.

A suivre…

Allas Di Tlelli

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