Prenez le temps de réfléchir avant de parler, Monsieur KAFI !

Pendant que celui qui allait devenir Monsieur Ali KAFI était « Chef historique » de la Wilaya II, partout en Algérie, des petits merdeux de 8, 10, 12 ans, volaient une Mat 49 à un soldat en train de se savonner le visage, passaient les lignes de barbelés et les points de contrôle, seuls ou en compagnie de leurs mères, pour transmettre aux maquisards, ou à des prisonniers, des vivres, des habits, des armes, de l’argent. Ou, plus couramment, observaient et rendaient compte…

Nous en connaissons tous qui ont laissé leurs jeunes vies dans de pareilles circonstances. Surtout si cela devait sauver celle de combattants, a fortiori celle d’un chef, qui aurait pu être un Ali KAFI. Chez nous, ce fut au moins le cas de Saïd n Chikh, posément fauché à distance d’une rafale de FM 24, dans la fleur de son adolescence dont le père, notre vénérable Chikh d’alors, vint prévenir la mère de l’annonce qu’il allait lui faire de la mort de leur fils par ces mots : A tamettut, hezq a baggus… / Femme, ceins-toi fermement…

Aucun responsable politico-militaire de l’Aln-Fln (je parle du Fln, du vrai), aucun maquisard, aucun patriote, aucun Algérien ne peut, ne doit, ignorer cela. Aucun et aucune ! Quand bien même les noms de ces petits merdeux ne figurent jamais sur les listes encombrées des allocataires du Ministère ou sur les stèles des Monuments.

Ayant été, dans les années 55/59, moi-même un de ces petits merdeux, en tant que berger disponible à temps plein, j’informe Monsieur Ali KAFI qu’un autre de ces petits merdeux, encore plus jeune que moi, était mon frère Saïd. Saïd SADI.

Celui-là même, avec la destinée et l’engagement qui allaient être les siens, dont Monsieur Ali KAFI, qui a entre-temps bénéficié du statut de chef exécutif de l’Algérie Libre et qui, d’après moi et si ce n’était fait, aurait pu lui aussi toucher une Audi A8 flambant neuf, dénonce les écrits avant même d’en avoir pris connaissance et, au-delà, que ce même Monsieur Ali KAFI entend « interdire » d’accès à cette Histoire que, enfant et sans avoir jamais attendu d’autre autorisation que la bénédiction quotidienne de ses parents, il avait déjà commencé d’écrire, au moins dans les faits, en son temps et à sa façon.

Alors, aujourd’hui, ce n’est pas tant que se pose la question de savoir si le Monsieur qu’est devenu Ali KAFI est un petit ou un grand merdeux.

Elle serait plutôt de savoir si Monsieur Ali KAFI est encore un Algérien digne de ce nom, si un Etat qui reste absent face à de tels dérapages reste une institution digne de son nom.

Par Ramdane SADI, Paris, ce dimanche 9 mai.

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