Prison de chiffons

Ne nous voilons pas la face, il a la vie dure le morceau de tissu qui se ramène instinctivement sur les lèvres et parfois même jusqu’aux yeux ; il est tenace le geste ancestral qui en dit long sur la honte de soi, sur le droit d’exister à la vue d’un seul maître, tête enfouie sous la voilure pour les autres.

Lorsqu’on voit cette prolifération de femmes plus ou moins voilées, du foulard, qui couvre les cheveux, à celles dont le regard est dissimulé par un voile noir. On peut se demander si ce sont des êtres de chair et de sang, des êtres pensants ou des fantômes qui hantent les rues et jardins d’enfants et qui polluent chaque jour davantage le paysage visuel de France et de Navarre.

Ce sont pourtant des femmes, on en est réduit à le croire, réduites à leur plus simple inexpression, soustraites aux regards qui les suivent. A demi aveugles elles-mêmes, enfouies au plus secret d’un cachot qui fait des plis. Certaines s’enferment dans ces plis et replis, pour se faire remarquer, pour défier la laïcité, pour profiter de la démocratie, de la liberté des pays occidentaux qu’elles occupent, sans se soucier, de celles qui de l’autre côté de la Méditerranée subissent cette prison d’où elles aimeraient sortir.

On se demande si les femmes qui subissent, ces femmes dont on a tenu la tête sous le voile pour les maintenir dans l’ignorance de tout ce qui n’est pas une fonction de soumission absolue à l’homme. On se demande si elles sauraient, si elles pourraient aborder la vie la tête haute ou si au contraire à force de contempler le monde par en dessous, une somme incalculable de ruse ne sera pas dévoilée, lorsque le voile sera tombé.

L’homme semble là, non par la seule vertu du hasard, mais comme un juge aux aguets, et de par son imposante présence, intimant pour longtemps encore, l’ordre de tenir les yeux baissés.

Nous éprouvons un sentiment d’effroi, lorsque surgit une femme voilée, sentiment d’effroi ou de dégoût. Toutes ces ombres, dont les longs niqab, hijab ou burqa balaient le sol, éveillent en nous un sentiment où la peur se mêle à la honte.

Curieusement c’est de soi qu’on a honte, en rencontrant leurs yeux, on se sent nu, menacé, dévisagé, traqué. Ces femmes nous inquiètent et nous intriguent. Ces femmes dont nous ne pouvons dire si elles sont belles ou laides, brillantes ou stupides… quoique nous aurions tendance à les juger stupides.

Le 8 mars journée de la femme ? Toutes ces femmes enfermées dans leur prison de chiffons, pourront-elles et voudront-elles, s’en débarrasser ou continueront-elles à fouler aux pieds les lois de la République française en se couvrant de plus en plus ?

Une pensée pour toutes les femmes qui subissent l’insupportable dans les pays où l’islam est religion D’État.

Une pensée aux parents de Katia Bengana, assassinée parce qu’elle a refusé de porter le voile dont les musulmanes salafistes de France nous rebattent les oreilles.

Geneviève Harland

 

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