Promesses de Bouteflika et réalités bouteflikiennes

Après lecture de certaines réactions qui portent aux nues Abdelaziz Bouteflika, je ne peux m’empêcher d’intervenir pour parler des commentaires trempés dans la langue de bois et la démagogie propre au système politique qui domine l’Algérie. Tout va bien Dieu Merci ! El hamdou lilah ! L’homme providentiel qu’est Bouteflika doit être soutenu, c’est plus qu’un soutien au résultat de ces 10 ans de règne, c’est presque un devoir religieux pour tout Algérien qui se respecte et tous ceux qui ne sont pas d’accord, ne sont pas dignes d’être Algériens !

Foutaises ! Tous les mots semblent dérisoires pour décrire la m… dans laquelle nous nageons depuis 1999, car avant, la m…, qui était le quotidien des Algériens depuis 1962, nous arrivait jusqu’au cou, maintenant nous baignons en plein dedans grâce à Boutef.

Et pour cause : Parmi les projets en direction des classes défavorisées, nous citerons la méga mosquée qui bouffera pas moins de 3 milliards de dollars uniquement dans sa réalisation. Le soin est laissé à tout un chacun de calculer les dépenses ultérieures nécessaires à son fonctionnement sachant qui accueillera des conférences islamiques, des séminaires, des rencontres internationales de la même obédience et, à ne point en douter, constituera un centre de décision sur lequel se reposera l’Etat algérien qui plongera pleinement dans un régime théocratique, ultime objectif de la mégalomanie de boutef qui violera définitivement l’esprit et le texte du premier texte fondateur de l’Etat algérien, à savoir la plateforme du congrès de la Soummam. Boutef, aura alors achevé d’assassiner Abane dont le premier acte remonte à 1957 au Maroc ; un assassinat qui aura duré près d’un demi-siècle.

Le monsieur parle ensuite du million de logements promis par Boutef durant la mascarade présidentielle de 2004, dont le terme était prévu pour 2009. Cela relève de l’ineptie que d’accepter d’avaler une telle couleuvre. La crise du logement a empiré pour plusieurs raisons dont la plus essentielle reste l’impossibilité pour un pays comme l’Algérie de réaliser un million de logement en l’espace d’un mandat présidentiel (5 ans). Outre la corruption qui gangrène le sommet de l’État plaçant l’Algérie, en permanence, depuis 1999 dans les premières loges des pays les plus corrompus de la planète selon les classements annuels réalisés par IT, la promesse de Boutef n’est qu’un mensonge de trop produit par un égo démesuré.

Faisons une petite opération arithmétique :
Le million de logements devait être achevé en 5 ans.
En divisant par 5, nous obtiendrons : 200 000 logements qui doivent être réalisés annuellement.
En divisant 200.000 logements/an par 12 mois, nous obtiendrons : 16666,6667 logements à réaliser mensuellement.
En divisant 16666,6667 logements/mois par 30 jours, on obtient 555,555556 logements à réaliser quotidiennement.

C’est à peine si les pays industrialisés dont le volume du travail est, des dizaines de fois, plus important que celui de l’Algérie, arrivent à réaliser une telle performance !!! Bouteflika est tout simplement un menteur !

Dire que l’Algérie a retrouvé sa place dans le concert des Nations, moi je dirais plutôt que l’Algérie a retrouvé sa place parmi les nations du cancer.

En effet, ce n’est pas en s’invitant dans des forums où le président s’adonne à sa passion en faisant des discours lyriques, qu’un pays est réhabilité sur la scène internationale ! Les résultats sont là : En dehors du pétrole, aucun IDE qui mériterait d’être souligné n’a été enregistré en… 10 ans de règne, hormis bien entendu, la téléphonie mobile accordée dans l’opacité la plus totale à ses amis émirs du golf persique.

La réconciliation du peuple avec lui-même ? Tout le monde sait désormais de quoi il s’agit au juste : Boutef a réhabilité un islamisme battu et à bout de souffle en 1998 grâce à la résistance citoyenne, au combat des femmes, à l’engagement de simples policiers et de soldats appelés qui venaient des couches les plus défavorisées et qui n’avaient aucun lien autre que professionnel avec les officiers, les généraux et les clans du pouvoir maffieux et corrompus. Cette réhabilitation est multiple : Tous les terroristes qui ont des années durant égorgé, violé des fillettes, brûlé vifs des bébés, commis des carnages, incendié des usines, assassiné des intellectuels et des militants démocrates… sont aujourd’hui dans la rue, casier judiciaire vierge, une mensualité et souvent un nouveau logement. A cela s’ajoute le blanchiment inédit et d’une ampleur jamais égalée de l’argent du racket du terrorisme qui se transforme en bazars et autres « investissements » ainsi que dans le financement de projets de milliers de mosquées à travers toute l’Algérie, notamment en Kabylie.

Les responsables, émirs terroristes et responsables politiques terroristes, sont amnistiés et rejoignent le club très fermé des milliardaires algériens avec en plus, le droit de narguer la mémoire et la douleur encore vivace des victimes du terrorisme en s’affichant en public, en s’invitant même dans l’enceinte des universités pour donner des conférences et proposer “des sorties de crise” au pays qu’ils ont mis à sang et à feu, comme ce fut le cas du criminel Madani Mazrag, membre du GIA et émir de l’AIS ensuite qui, lors de la campagne électorale de 2004 avait été l’invité des étudiants de l’université de Constantine. Ceci au moment où les champs, médiatique et politique, sont complètement fermés aux acteurs politiques de l’oppositions démocratiques, aux organisations citoyennes qui échappent au controle de “sa majesté”.

Le directeur de la Bibliothèque Nationale vient d’être tout simplement limogé par Boutef lui-même pour avoir ouvert les portes de l’institution qu’il dirigeait au poète et penseur syrien, l’universaliste et laïque Adonis. Cela s’est passé fin octobre 2008.

La réconciliation de Bouteflika c’est aussi les gendarmes qui tiraient à coup de balles explosives dans le dos des manifestants qui fuyaient la barbarie officielle. plus de 120 jeunes, homme et femmes, assassinés en 2001 et une région complètement placée dans le sous-développement et la précarité pour la sanctionner pour ses valeurs de modernité, de démocratie réelle et de laïcité qu’elle a toujours portées à bras le corps pour elle et pour le bien-être de tous les Algériens.

Ainsi, des projets économiques de grandes envergures qui devaient être réalisés en Kabylie ont été détournés vers d’autres région d’Algérie. J’en veux pour exemple l’usine de raffinerie (pétrole) qui devait être réalisée à Bejaia sur la base de trois études réalisées par des bureaux d’études, engagés par le gouvernement, qui ont désignés Bejaia comme ville remplissant tous les critères. Ce projet s’est retrouvé, comme par enchantement, à… Oran !

Au moment où la Kabylie aspire à donner à l’Algérie un épanouissement et une harmonie sur tous les plans, le pouvoir use de manipulation et arrive à convaincre beaucoup d’Algériens du “danger kabyle” entretenant ainsi dans beaucoup d’esprits l’image d’une Kabylie raciste complètement erronée. Simultanément, dans le gouvernement actuel, nous comptons pas moins de sept ministres tous issus d’une même commune se trouvant à… Tlemcen. Bouteflika n’est pas seulement le plus régionaliste, le plus raciste des présidents algériens, il est le plus tribal d’entre eux. Et c’est la Kabylie qu’on accuse de régionalisme !

Un autre intervenant a parlé de l’obsession qu’auraient les kabyles de ne vouloir comme président qu’un kabyle. Ce qui est absolument faux. Boudiaf qui n’était pas kabyle avait plus de soutien en Kabylie qu’ailleurs. En revanche, Ahmed Ouyehya, l’actuel chef du gouvernement, qui est kabyle est loin d’être en odeur de sainteté en Kabylie !

En bref, la Kabylie n’est pas prisonnière d’une vision restreinte, elle est spontanément aux côtés de toute personne, d’où qu’elle vienne, qui s’inscrit dans une démarche démocratique, transparente, moderniste et laïque. Elle s’oppose à tous les archaïsmes y compris quand ils sont kabyles. C’est toute la différence.

Allas Di Tlelli

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