Propagande et élections algériennes

La propagande a fait les élections de Mohamed Boukherouba [1] avec des urnes bourrées à l’avance, pour un candidat unique, 98,99% de “OUI”… Il est vrai que l’on menait les votants, avec la baïonnette au canon, pour les obliger à prendre le “oui” en question. Mais au moins les choses étaient claires. C’était un “oui” qu’on le veuille ou non. De plus le “non” était introuvable et il n’y avait pas d’autres candidats.

Comment voulez-vous que Bouteflika fervent admirateur de son défunt maître ne reproduise pas ce qu’il a connu, soutenu et aimé ? Sauf que là au lieu de mettre un “oui”, il fait mine d’accepter d’autres partis, comme il l’a fait lors des précédentes élections. La recette étant bonne, il n’y a aucune raison de la changer. Il récidive par un simulacre d’élection le 9 avril prochain.

Pendant ce temps que font les autres partis ? Ils sont pourtant d’accord sur un point : le pays est de mauvaise humeur. On ne diffère d’avis que sur la raison de cette hypocondrie.

Les proches du Gouvernement disent « c’est la faute à la diaspora kabyle qui pensent autrement que ce que nous leur demandons de penser » et ils arguent, démontrent, s’essoufflent, citant des chiffres, évoquant nos parties de plaisir dans les salons de l’Occident, battant le franc rappel afin de monter le peuple contre ceux qui vivent ailleurs, forcés et contraints de quitter leur patelin afin d’essayer de trouver un peu de liberté sous d’autres cieux.

Le FLN lui se contente d’affirmer froidement « c’est la faute des harkis, des enfants de harkis, de la colonisation, de la France qui ne veut pas demander pardon… ». Il se garde bien de rien démontrer ! ce propos lui suffit. Il veille seulement à le répéter congrûment : comme on renouvelle l’eau fraîche des poissons rouges… Donner des preuves, se perdre en explication, c’est affaiblir sa propre cause : ce qui est certain n’a pas besoin d’être prouvé. Le FLN a toujours raison…

« La chose répétée dit Gustave le Bon, finit par s’incruster dans les régions profondes de l’inconscient où s’élaborent les motifs de nos actions ».

Songez à la propagande souple, variée, vivante du pouvoir algérien au cours des « campagnes électorales » ; propagande qui multiplie ses effets, jouant de tout, de la proclamation violente à la facétie en trois mots… Au peu d’esprit que le parti unique a, il se répète, se répète, se répète…

Enfoncez-vous bien ce clou dans la tête ! Il n’est pas de raisonnement qui tienne devant un mécanisme aussi simple, aussi résolu. Les événements l’ont bien démontré. L’histoire recommence, encore et encore, élections truquées, élections gagnées, d’ailleurs pourquoi faire mine de se faire élire ? on se le demande…

Si les Kabyles avaient depuis plus de 50 ans consacrés leurs forces à l’action politique réelle au lieu de chercher à descendre ceux qui ne pensent pas comme eux, ils ne seraient pas dans l’obligation d’applaudir celui qui a fait tirer sur leurs enfants, leurs frères, leurs pères…

Hé oui, sa majesté est allé en Kabylie où elle a été chaudement accueillie… Il ne manquait aux Kabyles que des pancartes sur lesquelles on aurait pu lire « Bienvenu à celui qui nous assassine » ou « bienvenu à celui nous étrangle ». Car on ne peut, après avoir ficelé l’esprit du peuple, solliciter le bon sens d’une foule. Faire appel à la raison raisonnante, autant prêcher une rivière pour l’empêcher de couler !

La parole est d’argent, le silence est d’or, mais que faire lorsque qu’un président indu tend la main afin de mieux étouffer son peuple ? Diffamer ceux qui dénoncent est bien plus porteur, des petits postes, des récompenses… Tandis que l’on appelle à la destruction de ceux qui prennent la parole pour écrire des mots non autorisés par Boutef, ses ministres, ses chefs de cabinet…

On est en droit de se demander pour qui roulent les pseudo-démocrates ? Existe-t-il en Kabylie des usines de pneumatiques où le peuple aurait des actions ? Là nous pourrions comprendre qu’il est de bon ton d’acheter des pneumatiques, afin de rouler ou de se faire rouler. Roulons, courons, dénonçons, on roule qui on peut ou comme on peut afin de persuader que les autres n’ont aucune raison de se plaindre et la liberté d’opinion aura vécu.

Mais la politique, ça n’est pas rigolo… alors messieurs les ministres et consorts roulez pour qui vous voulez, mais ne cherchez pas à nous imposer votre matraquage dû à votre intoxication visant à faire douter de tous ceux qui ne pensent pas comme le veut sa majesté, l’empereur Boutef Ier.

Geneviève Harland

Notes

[1alias Houari Boumedienne

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