Quelle démocratie pour la Kabylie ? (I)

Union et détermination du peuple kabyle

Le titre peut sembler trompeur. En effet, je ne me livrerais pas à une analyse écrite sur la démocratie. En suis-je capable ? j’en doute. Ai-je une idée du modèle qui m’intéresse ? affirmatif. Je rédigerais plutôt un cri du cœur pour éclaircir un peu ma perception de la situation. Je tenterais d’expliquer pourquoi l’union et la détermination des Kabyles sont primordiales ; leurs diversités d’opinions précieuses.

Effectivement, sans l’union, la pluralité, il n’y aurait pas de démocratie, de paix en Kabylie, sans la détermination du peuple, la kabylité et sa langue survivraient peut-être, mais sous perfusion. Je m’interrogerais sur un principe partagé : s’il y a bien deux points qui font l’unanimité et apparaissent comme le nœud du problème, la priorité absolue, c’est l’arabisation et l’islamisation effrénées. C’est la situation sécuritaire qui se dégrade à vu d’œil et économique extrêmement préoccupante consécutives au désintérêt de l’État qui n’injecte pas les capitaux nécessaires au développement de la région et fait obstacle au secteur privé. D’ailleurs, nous en tirons tous la même conclusion : toutes les forces vives de la Kabylie doivent impérativement travailler de concert sans quoi, le « territoire maltraité » rétrécirait et s’affaiblirait toujours davantage.

En dépit de multiples dangers qui grondent au-dessus du ciel de la Kabylie. Nous restons optimistes quant à l’issue des conditions. L’espoir d’assister à son ascension à l’autonomie est inextirpable. Le mien est chevillé au cerveau ; non une branche de désespéré, une projection d’un Kabyle occidentalisé et déconnecté du pays. Ma confiance, ma conviction me conduisent à rêver de temps à autre au modèle démocratique à choisir pour un avenir libre.

À moins d’une erreur de ma part, le MAK et le GPK, présumés représenter la Kabylie, incarner la volonté de son peuple, ne se sont pas prononcés sur un modèle précis. Plus grave encore, ils n’ont toujours pas doté la Kabylie d’un statut à déposer auprès des organisations internationales et au « siège » du régime algérien. Peut-être que la priorité est ailleurs ? Peut-être, le sujet sous-entendu par le titre est périphérique ? Peut-être, suis-je en retard d’information de plusieurs décades et victime de désinformation ? Ce dont je suis formel, j’aime la Kabylie et ne nuirais jamais sciemment à ses intérêts. L’importance d’un gouvernement kabyle est aiguisée par ma conscience du plus retentissant revers du peuple kabyle : l’absence d’un État jaloux de sa souveraineté territoriale et fier de sa capitale politique. Par conséquent, j’agirais toujours pour renforcer la conscience politique kabyliste.

D’abord, je m’acquitterais du devoir sollicité par le titre. Nous avons différents modèles : Démocratie représentative ; régime parlementaire ; régime présidentiel ; démocratie semi-directe ou directe ; démocratie participative, etc. Dans une démocratie, l’ensemble des citoyens majeurs détient le pouvoir souverain et exprime sa volonté par le vote, selon le principe « une personne, une voix ». Ce principe peut d’ailleurs être considéré comme la principale concrétisation de la démocratie. En effet, on peut résumer l’idée démocratique à la célèbre formule d’Abraham Lincoln : la démocratie est le gouvernement du peuple, par le peuple, pour le peuple. Formule inscrite sur le fronton algérien ! Tout gouvernement démocratiquement élu est tenu de rendre des comptes au peuple souverain. Il est admis que le quatrième pouvoir- la presse – fait fonction d’intermédiaire et les élections, d’adhésion, d’opposition ou de rejet/sanction de l’action politique d’une majorité au sommet de l’État. Nous savons aussi qu’il y a plusieurs manières de la déterminer. Cependant, il est généralement admis que la démocratie implique les principes suivants : L’État de droit et donc l’existence d’un système politique et judiciaire basé sur des lois intègres, équitables. Librement établies par le peuple ou ses représentants, et respectées par le gouvernement et ses administrés ; la séparation des pouvoirs ; l’égalité devant la loi ; la garantie effective des libertés fondamentales notamment : liberté de conscience, liberté d’expression, liberté de réunion, liberté de la presse, liberté d’opinion, etc.

À mon humble avis, au regard de l’histoire de ce peuple, la démocratie directe, qu’il a pratiquée des siècles durant, conviendrait mieux à son tempérament. Ferhat a suggéré l’idée dans son livre Algérie : la question kabyle sans être plus précis. Je pense que l’approche est erronée, car notre démocratie se prépare dès maintenant. Nous devons choisir un modèle est le mettre en pratique.

à suivre…

Firmus T.

Notes

[1Professeur H.V. Vallois.

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