Qu’est-ce que le Djihad ?

Les musulmans ne comprennent pas les textes fondateurs de l’islam, qui sont appris et récités, dans un dialecte arabe mecquois du 7e siècle qui ne leur est pas accessible. Ces textes que nous mettons à votre portée, vous permettront de savoir et de comprendre que tant que l’islam sera religion d’Etat en Algérie, les Kabyles ne pourront pas et ne seront pas en mesure de se prendre en mains pour aller de l’avant et vivre pleinement au 21e siècle, au lieu de se plonger dans les ténèbres de l’obscurantisme du 7e siècle de la péninsule arabique.

L’ayatollah Khomeiny disait en 1942 :

« Ceux qui ignorent tout de l’islam, prétendent que l’islam condamne la guerre. Ceux qui disent cela sont sans cervelle. L’islam dit : tuez les mécréants comme eux-mêmes vous tueraient tous. Cela veut-il dire que les musulmans doivent s’asseoir et attendre d’être dévorés par les mécréants ? L’islam dit : Tuez-les [les non musulmans], passez-les au fil de l’épée et éparpillez leurs armées. Cela veut-il dire que nous devons reculer et attendre que les non-musulmans triomphent de nous ? L’islam dit : Tuez pour servir Allah, ceux qui voudraient vous tuer ! Cela veut-il dire que nous devons nous rendre à l’ennemi ? L’islam dit : Le bien n’existe que grâce à l’épée et dans l’ombre de l’épée ! Les hommes ne doivent se montrer soumis qu’envers l’épée ! L’épée est la clé de la porte du paradis, qui n’est ouvert qu’aux guerriers saints ! Il existe des centaines d’autres versets du Coran et des hadiths qui appellent les musulmans à glorifier la guerre et à combattre. Cela veut-il dire que l’islam est une religion qui détourne les hommes de la guerre ? Je lance mes crachats sur les simples d’esprit qui osent le proférer ».

Toujours Khomeiny, en expliquant ce qu’est le jihad, s’exprimait en ces termes :

« La guerre sainte signifie la conquête des territoires non islamisés. Il se peut qu’elle soit déclarée après la formation d’un gouvernement islamique digne de ce nom, sous la direction de l’imam ou sur son ordre. Il sera alors du devoir de tout homme majeur et valide de se porter volontaire dans cette guerre de conquête, dont le but final est de faire régner la loi coranique d’un bout à l’autre de la Terre »[1]


« Excommunication et hégire » est en fait le nom ironique qu’avait attribué la police égyptienne à ce groupuscule islamiste, Abdessalam Faraj,[2] principal théoricien et idéologue du groupe islamiste Tanzim al-jihad (« Organisation du jihad »), en attache idéologique avec la « Société des musulmans », fondée en 1971, – qui souhaitait revenir aux racines de l’islam –[3], auteur de textes contemporains dans lesquels le jihad a été théorisé et achevé dans l’une de ses approches modernes et précises les plus révolutionnaires et les plus authentiques, c’est-à-dire virulentes et violentes. Son écrit qui s’appuyait abondamment sur les œuvres d’Ibn Taïmiyya, fut intitulé Al-Faridah al Gha’idah.[4]

De l’exposé fait dans cet ouvrage, Abdessalam Faraj conclut que

« le jihad, aujourd’hui, est le devoir individuel de tout bon musulman pour l’expansion de l’islam, non seulement contre tous les non-musulmans, mais aussi contre les mauvais musulmans ».

Il le définit également comme étant un impératif que tout dignitaire musulman doit proférer contre tous les non-musulmans et surtout contre tous les États (même ceux qui se prétendent musulmans) qui n’appliquent pas le « véritable islam », les régimes qualifiés d’« apostats ».

Pour lui, le jihad est cette « obligation négligée » par la majorité des musulmans, alors que tous les autres devoirs (les prières quotidiennes, le jeûne du ramadan, l’aumône et le pèlerinage) prescrits par l’islam sont honorés. Or en devenant musulman, tout croyant prend l’engagement formel de s’assujettir à la pratique du jihad pour contribuer à enraciner et à étendre l’islam.

Mahomet, le fondateur de la religion d’“amour et de paix”, distingue ceux qui mènent le jihad de ceux qui s’en abstiennent :

« Si vous ne vous lancez pas au combat, Il [Allah] vous châtiera d’un châtiment douloureux et vous remplacera par un autre peuple. » (Coran 9,39), et

« Ne sont pas égaux ceux des croyants qui restent chez eux – sauf ceux qui ont quelque infirmité – et ceux qui luttent corps et biens dans le sentier d’Allah. Allah donne à ceux qui luttent corps et biens un grade d’excellence sur ceux qui restent chez eux. Et à chacun Allah à promis la meilleur récompense ; et Allah a mis les combattants au dessus des non combattants en leur accordant une rétribution immense ; » (Coran 4,95), car

« ils combattent dans le chemin d’Allah ; ils tuent et ils sont tués » (Coran 9,111).

Et selon un hadith dont les propos sont rapportés par Ibn Abbas : « le prophète a dit : ‘‘lorsque vous êtes appelés pour le jihad, vous devez aussitôt répondre à cet appel’’. » car comme le dit cet autre hadith : « Le meilleur de toutes choses c’est l’islam. La colonne de l’islam, c’est la prière. Le sommet de l’islam, c’est le jihad. »[5]

De nos jours, dans les pays non-musulmans, la guerre évoque des siècles d’obscurantisme et est tenue pour un anachronisme répugnant, une horreur rétrograde, alors qu’elle elle est perçue comme un fait normal et recommandable dans le monde musulman (en dehors d’une fine partie de ses cercles occidentalisés).

Le déclenchement du jihad se veut réglementé :

Avant de l’engager, il faut avertir le « mécréant » pour qu’il se soumette à l’islam. S’il n’obtempère pas, le combat devient un devoir pour le « croyant », car par essence tout homme se doit d’être musulman.

En 628, Mahomet a pourtant, lui-même, attaqué plusieurs tribus, sans les avertir, à l’instar des Bânu Mustaliq, établis dans le Hedjaz central, alors qu’ils étaient en train de faire paître leurs troupeaux, les Bânu Mustaliq furent littéralement pris au dépourvu par la cohorte de cavaliers musulmans qui, par une attaque soudaine, brisèrent leur vaine tentative de résistance. Avec l’accord de Mahomet, les musulmans violèrent leurs femmes, le soir même de l’expédition, aux puits de Marasi. Ils se partagèrent ensuite le butin de cette victoire qui comprenait plus de quatre mille moutons, environ deux mille chameaux et des chèvres par centaines. Les hommes ayant survécus, ainsi que leurs femmes et leurs enfants, furent réduits à l’esclavage et partagés entre les vainqueurs. A cette occasion Mahomet prît pour femme Guwayriyya, la femme du chef des Bânu Mustaliq.

Les Bânu Lihyân, vivant aux environs de Médine, furent attaqués sur ordre de Mahomet, une semaine avant les Bânu Mustaliq. Mais ils avaient eu le temps de s’enfuir vers les montagnes en laissant tout leurs biens que le prophète de l’islam et ses guerriers s’empressèrent de piller.

Mahomet avait toujours droit au cinquième du butin. Dans le « saint Coran », toute une sourate (la huitième) est dédiée au butin amassé après meurtres, massacres et rapines. Son premier verset dit clairement ceci :

« Ils t’interrogent au sujet du butin. Réponds : le butin est à Allah et à son messager. »

Sans scrupule, Mahomet avait ainsi réussi à mêler Allah aux querelles de ce bas monde et aux désirs cupides des êtres humains qui étaient les siens.

Certains jurisconsultes de l’islam ont par conséquent légitimé l’attaque par surprise. Les musulmans, vainqueurs après les combats, avaient le droit de se partager le butin qui comprenait des biens financiers et matériels, mais également des femmes et des enfants. Sous le prétexte que c’est une recommandation d’Allah, Mahomet s’octroyait généralement le cinquième du butin de guerre (Coran 59,7 et 8,41) ainsi que les meilleures femmes de certaines tribus vaincues. Les hommes vaincus, lorsqu’ils étaient laissés en vie (généralement pour des raisons économiques qui leur imposaient d’effectuer des travaux assurant la prospérité des musulmans) les mahométans les soumettaient au règlement de la capitation et à l’obligation d’arborer des signes distinctifs. Dans certains cas, ils étaient carrément réduits à l’esclavage. Les vaincus ne pouvaient recouvrer leur liberté qu’à la seule condition qu’ils se convertissent à l’islam et payent, dans sa totalité, le prix de leur affranchissement.

A propos de cette notion de jihad qui occupe une place centrale dans la doctrine islamique, l’historien Gabriel Martines-Gros écrit :

« Cette législation de la guerre fut sans doute l’une des premières dans l’histoire humaine qui se préoccupa de plier la violence à des règles institutionnelles. L’antiquité vécut pour l’essentiel la guerre comme un fait naturel – et non légal. Le bouddhisme la tint pour dérisoire, le christianisme la condamne, mais l’un et l’autre l’abandonnèrent aux friches de l’impensé par le refus absolu qu’ils lui opposèrent. L’islam légalisa la guerre contre l’infidèle insoumis, d’après les exemples des guerres de son prophète. »

Toujours selon Gabriel Martines-Gros,

« Par définition, l’incroyant n’a pas de religion qu’on puisse admettre comme telle. Ses convictions ne prennent sens que dans l’islam – s’il paie tribut aux musulmans et entre, par raison, sous la protection de la charia ; et s’il professe une religion, judaïsme ou christianisme, qui annonce l’islam. Ibn Hazm, théologien andalou du XIe siècle, ne reconnaît qu’une validité musulmane aux religions du Livre. Il réserve sa révérence à ce Jésus, à ce Moïse dont parle le Coran, et qui sont donc musulmans, et non à ceux de la Thora ou des Évangiles. En un mot, il n’y a au monde que l’islam, et le néant qui le nie. Dans ce monde du rien, la loi, qui s’identifie à l’islam, cesse de s’exercer, au profit d’un droit du combat, du jihad. Ainsi ce qui est tenu pour crime est toléré ou encouragé comme fait de guerre en terre musulmane, l’islam autorise une cynique dérogation qui, au nom du jihad, permet une conduite tolérée (ghanima) contre les « mécréants » par des actes illicites tels le vol, le viol, le meurtre, la réduction en esclavage ».

C’est à ses fruits qu’on reconnaît un arbre. L’islamisme ainsi que le jihad offensif et guerrier ne sont donc pas aberrants par rapport à l’islam authentique. Ils y sont justifiés, trouvent une résonance dans le Coran et dans les traditions islamiques.

Ces pratiques restent également en accord avec la doctrine classique de l’islam même lorsque, dans leurs interprétations les plus extrémistes, ils s’en prennent à ceux qu’ils qualifient de « mauvais musulmans ». Pour certains islamistes, le « mauvais musulman », l’ennemi proche (l’impie, l’infidèle « kafir » ou même l’apostat, « murtadd ») est pire que le non-musulman, l’ennemi lointain, les « mécréants » (les « koufar »). Un hadith rapportant un propos de Othmân ibn Affan dit :

« Il n’est pas licite de tuer un autre musulman, sauf dans l’un de ces trois cas : Une personne mariée qui commet un adultère, une vie humaine pour une vie humaine, et celui qui a abandonné la religion en se séparant de sa communauté. » [6]

Ce hadith confirme les sourates du Coran relatives à la question de l’homicide justifié d’un musulman par un autre musulman, comme celle-ci qui approuve, de façon absolue, la vendetta :

« Ô les croyants ! On vous a prescrit le talion au sujet des tués, l’homme libre pour l’homme libre, l’esclave pour l’esclave, la femme pour la femme… C’est dans le talion que vous aurez la préservation de la vie, ô vous doués d’intelligence, ainsi atteindrez-vous la piété. » (Coran 2,178-179),

sacralisant ainsi une vieille loi bédouine qui déclare : « le sang réclame le sang ».

Est considéré comme mauvais musulman, celui qui ne s’astreint pas à l’application intégrale des préceptes islamiques, jihad compris, et lorsqu’un musulman s’allie à un « mécréant » qui reste perçu comme un blasphémateur du fait de sa non appartenance à l’islam.

S’il existe aujourd’hui peu de musulmans prêts à suivre les appels au jihad, il reste vrai qu’en période de crise la recommandation du recourt à cette pratique, par des religieux dont l’autorité est avérée, trouve une très forte résonance et un écho bien grand auprès d’une communauté dont l’esprit est conditionné par la tradition guerrière de sa croyance. Il suffit de voir les hordes déchainées, lors de manifestations spontanées ou organisées, criant « Allah akbar » prêt à en découdre avec tous ceux qui osent critiquer l’islam ou Mahomet. Il en est de même pour les « révolutions arabes » où les « révolutionnaires » crient tous « Allah akbar » en saccageant et en tuant ceux qui ont la malchance de se trouver sur leur passage.

Geneviève Harland

Notes

[1Ayatollah Khomeiny Principes politiques, philosophiques, sociaux et religieux, Ed. Libres-Hallier, Paris, 1979, page 23.

[2Ingénieur en électricité, condamné à mort (le 16 mars 1982) et pendu au Caire, le 15 avril, à l’issu du procès qui suivit l’assassinat, en octobre 1981, du président égyptien Anouar El-Sadate.

[3« Excommunication et hégire » Takfir wal hijra ou « Apostasie et exil »). Ce nom lui fut attribué parce que son chef, l’agronome Choukri Mustapha (abattu par les forces de l’ordre en 1977), traitait d’apostats tous les musulmans qui n’avaient pas une même vision que lui de l’islam.

[4C’est-à-dire « l’impératif oublié » ou « l’obligation négligée. »

[5A.J. Wensinck, Concordances et Indices de la Tradition musulmane, VII volumes, Leyde, 1936 à 1969, vol I, page 389.

[6Al Boukhâri et Mouslim- 14e hadith des 40 hadiths de Nawawi.

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