Qui manipule qui ?

« Lounès », voilà un nom qui évoque le courage, la perspicacité, l’intelligence et la bravoure. Malheureusement, c’est un prénom qui peut être porté par n’importe quel froussard, n’importe quel ignare et fanatique et je le déplore car, après Lwénnas, il est peu probable que sa réincarnation ne soit l’œuvre d’un homonyme.

Cet édito se veut une tentative de clarifier certaines lanternes une bonne fois pour toute après [un tas d’accusations aussi farfelues qu’infondées. Le texte d’Albert Soued mis à la Une de notre Site est publiable à bien des égards, au même titre que tous les textes qui correspondent à la ligne éditoriale de ce site qui empêche, vraisemblablement, la « Ouma » de dormir !

Le drapeau d’Israël qui a, apparemment, outré certaines personnes, est une illustration qui, comme tout le monde peut le souligner, est à l’image de ce qui se fait pour chaque article, frappé d’une image en guise de logo, publié ici-même. Ce texte traitant de la question israélienne, le logo choisi est tout naturellement le drapeau de ce pays souverain. L’article étant mis à la Une – il cédera, comme d’habitude, cette Une à un autre article qui viendra – c’est normal qu’en ouvrant le site Kabyles.net, c’est sur sa Une qu’on tombe directement !

Cela a suffit pour des cerveaux bourrés d’islamo-arabisme, de soupçonner l’équipe de Kabyles.net de « pro sioniste »… D’autre avant eux, étaient allés jusqu’à nous traiter de « Skinheads », d’autre « d’Extrême droite française », d’autres islamo-moustachus frustrés nous ont traité de « site qui pousse à la violence »…. et j’en passe et des meilleurs.

Quoi de plus normal jusque là sinon que ce site ne se sent pas plus concerné par le conflit israélo-palestinien que les israéliens et les palestiniens eux-mêmes. Nous ne sommes ni juifs, ni musulmans ni arabes, ni israéliens. Nous considérons qu’en tant que Kabyles et imazighen, nous avons beaucoup plus de choses à faire en priorité pour, notamment, arriver à bout de la dictature monarchiste qui sévit en Algérie et dans les autres pays du sous-continent nord-africain, concevoir une dynamique politique et économique allant dans le sens d’un rassemblement des forces démocratiques en présence autour d’un pacte politique en faveur de l’émancipation et de la concrétisation graduelle de notre aspiration à être nous-mêmes culturellement, politiquement et dans tous les domaines de la vie sociale et institutionnelle. Parallèlement à ce chantier politique qui doit impérativement s’éloigner inexorablement de la logique de la confrontation fratricide qui a, jusque là, caractérisé nos rapports internes ; aspect à ne pas confondre avec l’exigence du débat permanent, de l’autocritique et de l’autoévaluation qui en est vitale, sur le plan économique, notre action se devra d’être menée dans le sens de la redynamisation du maigre tissu économique existant ainsi que de la valorisation de notre richesse humaine incontestable sur la base d’une reconnaissance complète et sans condition de notre identité, de notre culture et de notre langue qui sont à même de régénérer ce précieux et nécessaire sentiment de fierté dans toute entreprise de développement économique capable d’attirer, avant tout, les capitaux kabyles et au-delà, ceux des autres imazighen, vers nos régions et nos contrées abandonnées au point où le sentiment de mésestime de soi, voire de honte de soi se soit installé à desseins d’ailleurs, faisant dire, chanter ou clamer à certains que toute la misère programmée en haut lieu qui produit aujourd’hui ses méfaits les plus répulsifs, viendrait de nous-même, de notre nature qui serait, selon ces « kabyles new look », de nature abjecte.

Vous voyez bien que l’oeuvre qui nous attend et pour laquelle nous sommes tenus de répondre présents par dévouement, par dignité et par devoir envers les générations futures, n’est pas une sinécure. C’est un chantier immense qui appelle tout un chacun à se hisser au niveau d’une telle exigence historique et sociétale. A partir de là, avant d’être interpellé par ce qui se passe au Moyen-Orient, je le suis avant tout par ce qui se passe chez-moi en Kabylie, au-delà, en Afrique du Nord où l’injustice et le déni continuent de frapper les mozabites, les imazighen du Maroc, les touaregs qui sont réduit à l’état de dénuement au sud algérien, au nord du Mali et de la Mauritanie , la répression aveugle qui s’abat sur les imazighen de Libye, le combat de nos frères des îles Canaries… Ensuite, je me sens concerné davantage et plus proche des victimes des guerres et des conflits en Afrique avant d’être intéressé par les autres questions, essentiellement conflictuelles, qui se posent dans le monde.

Ainsi, je suis outré et profondément choqué autant par la vue d’un enfant déchiqueté par un attentat suicide islamiste à Tel-Aviv que par celle d’un enfant palestinien écrasé sous les décombres d’une maison qui a cédé aux bombes de Tsahal, mais ma blessure est naturellement beaucoup plus saignante et profonde par l’évocation des dizaines de milliers de morts massacrés par les islamistes en Algérie et par les centaines de kabyles assassinés et des milliers de mutilés à vie par le pouvoir algérien. Ainsi et à titre d’exemple, je n’ai pas soutenu Saddam Hussein contrairement au populisme de la rue arabe car, en tant qu’ « homme libre », je n’avais pas perdu de vue la nature criminelle du dictateur panarabiste qui avait gazé près de 5000 kurdes dont des enfants, des femmes et des vieillards… cela ne signifie pas que je sois d’accord avec la politique américaine en Irak qui est en phase d’y instaurer un régime théocratique basée sur le tribalisme.

C’est juste une question de priorité qui ne peut remettre en question nos convictions chevillées au corps par rapport à nos idéaux de justice, de pluralité, de démocratie et de Laïcité.

Allas Di Tlelli

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