Rachid Allioui : La révolte à fleur de peau

Il est non seulement un Artiste, avec un grand A, aussi bien par son timbre musical et vocal si particulier que par sa thématique contestataire qui le met hors de prise des réseaux de « chanteurs corruptibles », mais aussi un homme fait de convictions et de valeurs humaines. La corruption ; c’est, justement, ce fléau qui fait que certains ont bradé leur caractère plus ou moins « engagé », du moins, concernant la question identitaire qui est très loin d’être résolue comme ils tentent de le faire admettre ou, tout au moins, comme ils tentent de le suggérer à travers leur rapprochement avec un Pouvoir qu’ils avaient, des années durant, soi dénoncé, soi fui…

Selon ces nouveaux compères du Pouvoir qui répondent « présent ! » à chaque cavalcade qu’organisent les valets de la cour à la gloire du prince du moment, le régime algérien serait devenu, par on ne sait quel magie, fréquentable et même légitimé depuis 1999. En revanche, ce qu’ils n’osent pas avouer, c’est que leur retournement de veste est loin d’être la contrepartie d’une amélioration dans les pratiques d’un Pouvoir plus despotique que jamais, encore moins un flirt désintéressé puisque, justement et depuis une décennie, l’argent coule à flot !!! Ah les coyotes !

Rachid Allioui est, à juste titre, tout le contraire de ces larbins, de part son engagement pour la dignité, pour les causes justes de tous les temps qui sont plus que jamais compromises en Algérie ; réfutant ainsi, une fois de plus, la fausse idée d’un régime devenu subitement recommandable. En n’étant pas à la « mode », Rachid Allioui s’est assuré la marginalisation médiatique et sa mise à l’écart lors des distributions de ce pognon qui achète le silence, la proximité, le soutien ou même la défense d’un régime mortifère et morbide mais suffisamment rusé et riche pour s’offrir « Tirugza » que certains assimilent à une paire de moustaches ou à quelques chansons dédiées, par le passé, à Tamazight !

Ainsi, Rachid Allioui n’aura pas le moindre sou de cet argent sale car il a choisi de rester intègre et lucide, mais aussi, pour son choix de rester fidèle à la mémoire et au combat de son ami, de notre repère, Lounès Matoub. Une telle audace sous le règne de la perversité et de la lâcheté se paye cash, mais Rachid s’est assuré d’ores et déjà la postérité et la reconnaissance de l’Histoire qui sera, du reste, impitoyable envers tous les « panafricanistes » d’aujourd’hui.

Ce n’est pas facile de tenir tête à un tel tsunami de l’opportunisme primaire, mais, des Rachid Allioui existent fort heureusement et ils continueront d’exister à travers leur travail de recherche, leur poésie soignée, leur musique raffinée, leur engagement sans faille en faveur du combat démocratique et identitaire. Rachid Allioui et toute « la famille qui avance » ne cesseront-ils pas de nous interpeller à travers leur modestie authentique qui fait qu’un génie frise souvent l’ignorance de sa propre dimension artistique et de ses capacités à faire bousculer l’ordre établi.

Salut l’Artiste !

Allas Di Tlelli

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