RCD : Assemblée générale élective et agression

Pourquoi je démissionne du RCD (13)

Assemblée générale élective (!) Du 18/03/ 2011 en vue de la marche du 19 mars !

Le vendredi 18 mars 2011, soit la veille de la marche de la CNCD à Tizi-Ouzou, je loue un taxi pour être présent à « l’assemblée générale élective » de ma section qui n’existait tout simplement pas avant ce jour (Présents : entre 20 et 30 militants pour toute une commune de près de 20.000 habitants) ; ayant été abandonnée depuis 2007, soit 04 années sans structure, et n’ayant plus renouvelé ses instances jusqu’à la veille de la marche de la CNCD du 19 mars 2011 ; le besoin de figurants pour grossir, un tant soit peu, le nombre de marcheurs étant un besoin vitale pour le Bureau Régional de Tizi-Ouzou et de son président ; tenu de « réussir » cette démonstration de rue de la CNCD locale et donc, du RCD.

L’agression dont j’ai été victime lors de la marche du 19 mars 2011

Le lendemain, je me rendis au lieu du départ de la marche emportant le drapeau berbère qui était pour moi une nécessité pour mettre en évidence le fait que le changement auquel nous aspirons en tant que Kabyles, la marche étant en Kabylie, ne s’inscrivait nullement dans le pompeux slogan de « printemps arabe » et qu’il ne fera plus l’impasse sur la question identitaire qui a été, à chaque rendez-vous de l’histoire, mise de côté pour, parait-il, favoriser une « unité nationale » du reste fantasmagorique et totalement névrotique. Dans l’esprit du militant que je suis, mon drapeau berbère n’était aucunement destiné à provoquer les marcheurs, tous Kabyles manifestant en Kabylie ! Pourtant, l’enlisement était plus grave que je ne l’imaginais. Et pour cause, outre les slogans scandés majoritairement en arabe, outre les Qassaman, Min djibalina talaâ… etc. qui ont été récités à tue-tête tout au long du parcours, faisant tourner Matoub, Mohya, Mammeri… dans leurs tombes et enfin, outre le drapeau tunisien, le plus imposant de la marche et porté, s’il vous plait, par le premier carré, en référence à la révolte arabo-islamique dans ce pays voisin, entouré d’une multitude de drapeaux « algériens » ; un étendard, faudrait-il le rappeler, conçu par Messali, cousu par sa femme et portant des référents à l’arabité et à l’islamité non sans une négation sans équivoque de l’identité plurielle de cette Algérie, un pays dessinée et prénommée par la France coloniale, il m’a été donné de mesurer, ce jour-là et à mes dépends, le point de non retour que pouvaient atteindre la haine et le reniement de soi qu’engendrent logiquement le carriérisme, l’opportunisme primaire et l’ambition personnelle démesurée.

En effet, à quelques minutes de l’entame de la marche, alors que je déployais le drapeau tricolore berbère, le président du BR de Tizi-Ouzou, M. Maakni, s’approcha de moi et d’une voix presque inaudible pour ne pas être entendu par les marcheurs qui étaient à proximité, m’ordonna de ranger ce drapeau qui ne correspondait pas, selon lui, à l’esprit de la marche avant d’ajouter, sur un ton menaçant, que je regretterais cela au cas où je n’obtempérais pas à ses sommations ! Cette attitude totalement inattendue et pitoyable, m’avait scandalisé et poussé à réagir en élevant ma voix pour que les marcheurs puissent savoir de quoi il était question, ce qui a fait reculer le président du BR qui disparait furtivement dans la masse en proférant des fulminations sibyllines. Il faut souligner qu’avant d’être promu « président du BR de Tizi-Ouzou », le personnage que je connaissais et avec qui j’avais eu des échanges, notamment à Souk-El-Tnine d’où il est originaire, était particulièrement plus critique que moi vis-à-vis du fonctionnement, de certaines positions du parti ainsi que par rapport, m’avait-il dit un jour : « aux attitudes hautaines, méprisantes et méprisables, hypocrites et intéressées des responsables aussi bien au niveau du BR (à l’époque sous la présidence du député Mahmoud Boudarène) qu’au niveau de la direction nationale ». Autre temps, autres mœurs, il a suffit d’une désignation à la tête du BR pour que le formatage en produise un autre individu totalement hermétique et inconciliable à toute idée allant dans le sens opposé de l’(auto)suffisance.

À mi-chemin, au niveau du stade Oukil Ramdane, deux (02) jeunots, des étudiants peut-être, marchaient, à contre courant, d’un pas déterminé et menaçant, en se dirigeant vers moi. Voulant visiblement plaire et donc exceller dans l’exécution de la mission qui venait de leur être dévolue, ils me menacèrent explicitement de retirer mon drapeau à défaut de quoi, ils me retrouveraient après la marche. Ma réaction, encore plus offensive, ainsi que l’intervention de quelques personnes, avait contraint les 02 « talibans » (étudiants) de s’éloigner.

Sur le perron de l’ancienne mairie, le point de chute de la manifestation, se tenaient, devant l’assistance, des députés, certains élus locaux, les membres du Bureau Régional de Tizi-Ouzou ainsi que le député élu à la seconde chambre du parlement, surnommé « sénateur » pour se donner des airs américains avec la compétence en moins. Le drapeau tunisien en vedette, entouré de ses vis-à-vis algériens, y est déployé pendant que le dit « sénateur » improvisait une prise de parole. C’était à ce moment précis que je me suis hissé au-dessus de la porte de l’édifice pour y accrocher mon drapeau berbère. Le dit « sénateur » figea son discours de circonstance et se retourna vers moi en vociférant des ordres et des sornettes du genre : « Ce n’est pas une marche du MAK, enlève-moi ce drapeau, le MAK n’a rien à faire ici… ». Ce à quoi j’avais répondu, tout en étant accroché au-dessus : « vous êtes qui pour oser me donner des ordres ? », en lui expliquant que …je n’ai nul ordre à recevoir de vous (et que) c’est grave d’ignorer que le drapeau n’appartenait pas au MAK, un drapeau qui est plus présent au Maroc et même en Libye qu’en Kabylie, un drapeau qui existe bien avant le RCD, le MAK ou encore la CNCD… ».

Voyant que je résistais à cette énième injonction, le dit « sénateur », crachant sa salive dans des cris qui me parvenaient à peine tant la foule de jeunes carriéristes en puissance joignaient le geste à la parole de leur mentor du jour, sautèrent sur moi, me tirant vers le bas par les pieds et la ceinture, pendant qu’un autre militant qui avait grimpé vers moi, étala le drapeau Algérien de manière à cacher l’étendard berbère… Devant tant de force qui me tirait de tous les côtés vers le bas, je cède et me retrouve sur le sol toujours avec mon drapeau, entouré par une quinzaine de militants de mon propre parti qui me criaient dessus, m’insultaient, me bousculaient, me frappant à coups de poings sur le dos et la nuque et dès que je me retournais pour voir d’où ça venait, ceux qui se retrouvaient derrière moi relayaient…une main s’était même posée sur ma gorge et avait tenté de m’étrangler…

Devant un tel déferlement de violence, je me suis soudainement tu en étant le plus vigilant possible pour éviter le maximum de coups et surtout une éventuelle attaque à arme blanche dont l’éventuel exécuteur, remplissant parfaitement sa mission, pourrait très bien se volatiliser aussitôt et mes agresseurs du jours de se précipiter pour verser une larme de crocodile et accuser telle ou telle partie, d’être à l’origine d’un assassinat d’un des « leurs » car, outre le fait qu’un tel scénario soit un classique chez les mouvements politiques en mal de reconnaissance, un tel événement est susceptible de susciter l’indignation des populations et, partant, leur adhésion à une initiative qui ne les captivait guère une heure avant ! Ainsi donc et sans scrupule aucun, puisqu’ils ont osé m’insulter, me malmener et me reprocher tellement de forfaits qu’ils ont inventés sur le champs pour m’accabler et me diaboliser aux yeux des marcheurs qui, en majorité, ne comprenaient pas ce qui se passait sur le perron, j’aurais pu servir une cause à laquelle je ne croyais pas et des personnes qui ne raisonnent plus qu’en terme de profit et de carrière et qui auraient pu aller plus loin dans l’ignoble assaut du 19 mars 2011 à Tizi-Ouzou.

Sinon, comment peut-on qualifier et justifier le fait que dans une marche organisée soi-disant par un cadre ouvert à tout le monde et visant uniquement « le changement du régime », on ose agresser un marcheur, serait-il du MAK, ce que, du reste, je ne suis pas et les militants du MAK, ne connaissent que trop bien mes griefs exprimés à maintes reprises à l’encontre de leur projet que je trouve sans réalisme et de leur mouvement que, du reste, je respecte étant, du moins dans les textes et à l’image d’ailleurs de toutes les organisations politiques à, plus ou moins, encrage kabyle, d’essence démocratique, laïque et kabyle.

Me croyant « assagi », la meute desserra le cercle formé autour de ma personne pendant que le dit « sénateur » qui fut, à l’époque où il était président d’APW, celui qui avait proposé l’aide aux militants, victimes de la rage, à travers une subvention pour une association qui restait à désigner et, qui avait ensuite totalement nié son engagement malgré la confirmation de Mme Cheriet, élue à l’APW, témoin oculaire et néanmoins membre de la délégation qui s’était déplacée sur les lieux suite à mon initiative et grâce au travail de sensibilisation de M. Malik Hessas. A ce propos, l’ex président du BR, M. Mahmoud Boudarène, comble d’un fonctionnement d’un autre temps, avait reconnu son ignorance de toute cette histoire et, devant mes multiples rappels, avait promis de se rapprocher du président de l’APW qui lui répondit qu’il n’avait rien promis et que lui aussi, ignorait les détails de cette histoire !!!

Revenant à la marche de la CNCD du 19 mars 2011 : pendant que M. Ikharbane poursuivait sa causerie, je me suis introduis dans la première ligne qui dominait l’assistance et où se tenaient, insolents et dégageant une culpabilité manifeste, quelques députés… et des courtisans « prêts à plaire ». J’étendis une nouvelle fois le drapeau berbère en criant en face de l’assistance cette phrase qui avait contraint « l’élu » de la deuxième chambre du parlement à interrompre son discours : « Oui pour le changement qui portera haut la question identitaire, non pour le changement qui passera par le reniement de soi ! Avant de revendiquer le changement du système, démissionnez de l’institution (APN) qui sert de socle à la dictature ! ».

Le sacré, c’est-à-dire, le salaire et les privilèges dont bénéficient les députés au détriment de la mission politique qui était la leur et qui supposait une ligne rouge au-delà de laquelle l’éthique, la morale et la crédibilité politique imposeraient une démission pure et simple ; une ligne rouge franchie en novembre 2008, en vain… le sacré ayant été donc profané – sacrilège ! – une meute (la même ?) se jeta sur moi et la même bousculade repris de plus belle avec cette fois-ci, quelques marcheurs qui avaient intercédé en ma faveur après avoir compris les raisons de ce mouvement de foule sur le perron de l’ancienne mairie et l’interruption du discours qui marqua la fin de la marche et la dispersion des marcheurs.

À suivre…

Allas DI TLELLI (Halim AKLI)

Soyez le premier à commenter

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée.


*