RCD : Règlement intérieur et statuts ignorés

Pourquoi je démissionne du RCD (1)

Contrairement à une certaine catégorie de militants politiques à géométrie complètement variable et à l’image de quelques autres qui sont mus essentiellement par des convictions inébranlables en des idées et en nos idéaux et à qui je continue de vouer le même respect que j’ai toujours eu pour eux, d’où cette lettre qui leur est destinée avant tout, d’aucuns me connaissent assez pour savoir que j’ai tout donné pour le RCD durant 20 ans de militantisme complètement désintéressé et que durant les moments les plus difficiles pour le parti où rares étaient ceux qui continuaient à s’afficher comme tels ; l’exemple le plus récent est sans doute l’épisode de la présidentielle de 2004 à laquelle je n’y avais pas cru un instant malgré les « garanties » criées à tue-tête et maintes fois réaffirmées publiquement par notre candidat, le président du parti, était parlant à cet effet, puisque outre une contribution en guise de réponse aux tenant de la diabolisation du politique et de l’opposition au profit de la « normalisation » et du régime qui reprenait petit à petit l’espace public en Kabylie, publiée et diffusée sous le titre « Pourquoi je ne boycotterai pas », je me suis retrouvé quasiment seul à mener la campagne d’affichage au niveau de ma commune, essuyant des menaces et des intimidations de la part des partisans du « boycott en Kabylie et du soutien à l’élection d’un certain Benflis dans le reste de l’Algérie »…

C’était aussi la tendance aux retournements de veste, aux dérobades, à la démission, à la trahison… etc. Ainsi et malgré mes divergences déjà multiples sur le fonctionnement, localement et sur le plan national, ainsi que par rapport à certaines positions du parti, j’étais celui qui avait remis le RCD sur la scène communale, par conséquent sur la scène de notre sous-région, au moment où ce n’était guère plaisant de s’afficher en tant que parti politique notamment entre 2000 et 2005 où, à titre bénévole et indépendamment d’une quelconque sollicitation du parti, la défaillance des instances hiérarchiques du parti ayant été quasi-totale, j’avais eu à assurer une permanence hebdomadaire au niveau du chef-lieu et ce, au détriment de mon travail ; un commerce que je fermais un jour par semaine pour le consacrer au parti…

Mon abnégation et mon dévouement, connus de tous les militants et des citoyens, depuis la naissance du parti, n’étant pas le propos, je me limiterai à ce rappel pour ne pas me prêter des intentions qui n’ont aucun lien avec la réalité ou des motivations farfelues qui, du reste, font partie d’une certaine sous-culture politique prédatrice qui, ne tolérant point de divergence et de débat contradictoire, verse illico dans l’anathème, le mensonge et la manipulation pour tenter de diaboliser toute voix discordante, tout esprit libre et critique ; la finalité étant le maintien du statu quo qui aura, hélas, transformé un mouvement politique authentique porteur d’espérance et d’un projet de société réel sur la base d’idéaux précis et des convictions fortes, en un appareil politique où se concocte des plans de carrière et des promotions organiques sur la base d’allégeances indignes d’un parti politique démocratique et moderne qui, hélas, a fini par se liquéfier dangereusement dans le jeu démocratiste conçu par le régime et pour le régime, en acceptant de circonscrire, depuis une décennie, l’action politique dans les limites institutionnelles tracées toujours par le même régime. Le réveil violent mais trop tardif et surtout loin d’être convaincant depuis janvier 2011, alternant improvisation, effets d’éclat et actes relevant d’un amateurisme politique effarant, est une expression on ne peut plus criarde d’un profond désarroi devant le vide qui ne cesse de s’élargir autour de notre parti (et par ailleurs de tous les autres partis politiques) qui aura, quoi que l’on dise, abandonné et le terrain et la population, tandis que la performance dans la gestion des collectivités locales tant brandie comme une singularité, s’est révélée n’être qu’un slogan creux parmi tant d’autres ; le tribalisme, le clanisme et la cooptation ont fini par s’y imposer, notamment dans la régulation des équilibres internes.

Cet état de fait a produit d’abord un enlisement dans le bâillonnement de la parole, puisque en dehors de quelques rendez-vous précis comme les kermesses, les élections ou les rencontres de circonstances où il est beaucoup plus question d’effet d’annonce, de « dégustations » diverses, de ballets des stagiaires es carriérisme et d’écouter religieusement un untel que de débattre de la situation organique, politique, financière… etc. la base militante est devenue, au fil des années, un simple faire valoir qu’on oubli totalement et dont on se rappelle à l’approche d’événements tels que les joutes électorales ou à la veille d’une marche ou d’un rassemblement qui requiert, par les temps qui courent, la présence du moindre figurant.

Quand le règlement intérieur et les statuts sont royalement ignorés dans la vie organique du parti en général, notamment dans celle des structures de base de proximité qui ne fonctionnent qu’en réaction à des conjonctures précises, des communes entières sont abandonnées des années durant sans structuration comme c’était le cas de la notre et ce, de 2008 jusqu’au 18 mars dernier (2011), soit à la veille de la marche de la CNCD du 19 mars à Tizi-Ouzou et… à une année des prochaines élections locales ! Idem pour plusieurs autres communes qui ont eu la malchance de se situer loin du littoral tant prisé ou plus encore, loin de quelques communes « influentes » de part la main mise de leurs cadres sur l’appareil partisan. Les débats contradictoires et l’autoévaluation sans complaisance sont des leviers qui n’ont presque jamais existé, ou très peu, dans les traditions des partis politiques algériens nés après la récréation démocratique de la fin des années 80 et donc, de notre parti également.

À suivre…

Allas DI TLELLI

Note de renvoi :

(1) Texte conçu pour expliquer ma décision à l’opinion et à la fraction de militants, de plus en plus rare, qui continue encore de s’engager par conviction et d’une manière totalement désintéressée.

Soyez le premier à commenter

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée.


*