Recrudescence des attaques contre les chrétiens égyptiens

Des Coptes en fuite sous la menace djihadiste

Nouvelle vague de départs de chrétiens du Sinaï.

Des Égyptiens chrétiens ont fui samedi la péninsule du Sinaï pour la seconde journée consécutive après une série d’attaques présumées jihadistes dans cette région où sévit le groupe Etat islamique (EI).

Selon un responsable de l’Église copte, plusieurs familles chrétiennes sont arrivées dans la ville d’Ismaïlya près du canal de Suez (est), où 250 de leurs coreligionnaires avaient déjà trouvé refuge vendredi.

Des familles entières sont rassemblées dans la cour de l’église avec leurs effets personnels et des couvertures. La peur se lit encore dans les regards de certains. «Nous avons commencé à avoir peur de nos propres ombres. Nous craignions d’être suivis et abattus d’une balle dans le dos. Les chrétiens sont visés d’une manière atroce», confie un homme souhaitant garder l’anonymat.

«Certaines personnes sont même effrayées à l’idée d’ouvrir leur porte pour sortir acheter de la nourriture», poursuit-il. Oum Mina, mère de cinq enfants, dit que le danger était tel que son mari a dû arrêter de travailler. «Ce n’est pas juste», lâche-t-elle, éclatant en sanglots.

Le président égyptien Abdel Fattah al-Sissi a ordonné, lors d’une réunion samedi, d’apporter toute l’aide nécessaire pour héberger ces familles chrétiennes, selon un communiqué.

Très actif dans le Sinaï, le groupe Etat Islamique a publié dimanche une vidéo dans laquelle il promet de prendre pour cible les membres de la communauté chrétienne.

Les chrétiens Coptes, qui constituent 10% des 92 millions d’Égyptiens, avaient déjà par le passé été ciblés dans le Sinaï, région en proie à une insurrection jihadiste, mais ces attaques ont augmenté depuis la diffusion de la vidéo.

Jeudi, un chrétien égyptien a été tué et sa maison incendiée dans la ville d’Al-Arich dans le nord de la péninsule du Sinaï, selon des responsables de la sécurité et des urgences qui ont évoqué l’hypothèse d’une attaque jihadiste.

Mercredi, le corps criblé de balles d’un chrétien d’une soixantaine d’années et celui de son fils brûlé vif avaient été retrouvés derrière une école d’Al-Arich.

Depuis que l’armée a destitué le président islamiste Mohamed Morsi en 2013, le nord du Sinaï est le théâtre d’attentats meurtriers perpétrés par les jihadistes et visant principalement la police, les militaires ainsi que les chrétiens.

En décembre, l’EI avait revendiqué un attentat suicide contre une église copte orthodoxe du Caire qui avait fait 29 morts.

AFP

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