Sale temps pour les traîtres

Que l’on soit de ceux qui crient au génie ou de ceux qui crient à l’imposture face au phénomène Bouteflika, tout le monde s’accordera à dire qu’il a fait du pays, par un tour d’élections magiques, l’une des plus grandes démocraties de la planète. Pratiquement tous les partis se retrouvent à l’APN, les islamistes, les démocrates, les conservateurs, les petits partis alibis, les schtroumpf satellites, d’illustres inconnus, et aussi des indépendants sans le nombre de signatures nécessaires, les sans programme fixe, les plaisantins, sans compter les listes de grils et d’alcolos. Beaucoup ont eu moins de 7% et ils sont élus de la nation, tant pis pour la loi. Pas mal la politique de la concorde finalement. On ne fera désormais croire à personne qu’une autre politique est autant concevable et applicable. Hé, dites, quand même, nous sommes le seul pays où l’extrême gauche à autant de députés. Et encore, Louisa Hanoun se plaint, on l’aurait dépossédé d’une dizaine de sièges. Besancenot et Laguiller devraient rêver d’un visa long séjour à destination d’Alger capitale désormais de la IV internationale. A elle seule Louisa Hanoun a mobilisé autour du principe de la révolution permanente autant de bolcheviks qui militent dans la vingtaine d’organisations internationales qui se réclament de l’héritage de son aïeul Davidovitch Léon Trotsky. Quand on sait qu’un trotskiste ça descend dans la rue, que dix trotskistes peuvent aisément faire du grabuge, il suffira donc à notre marquise rouge de lever le petit doigt pour que l’Internationale vibre dans les quartiers populaires, les mosquées et pourquoi pas dans le palais d’El Mouradia.Retour ligne automatique
Soyons sérieux ! Comment un Boualem qui se surcharge de créances pour égorger un mouton le jour de l’Aïd El Kebir peut-il voter communiste ? Comment un Mourad qui refuse obstinément l’abrogation du code de la famille peut-il crier victoire dans le siège d’un PT subitement triomphant et dirigé de surcroît par une femme ?


Quelques informations, dans les centres de votes d’Alger centre, Negrier, Liberté, Pasteur, Saint Augustin (quartier regroupant plus de 20.000 habitants) Le PT a eu 17 voix. Au lycée l’Emir, centre ouvert à une grande partie de Bab El Oued, il n’a pas atteint les 50 voix. Dans le centre Fénélon de la rue Khalifa Boukhalfa, le propre quartier de Louisa Hanoun, elle qui habite entre le bar Jugurtha et le Hamam Bir Zemzem (même le lieu de résidence est symbolique), elle a bénéficié de 9 voix. Paraît-il, sa liste a touché les 250 voix à Belcourt, bizarre ! Un quartier à dominance islamiste que l’on appelait Kaboul.

Louisa Hanoun a refusé de signer le rapport de la commission nationale de surveillance des élections, elle rejetait le contenu. Confiante bien avant l’annonce des résultats, elle saluait le patriotisme de l’insipide Zerhouni. Toutefois elle conteste la victoire du RCD à Tizi Ouzou. Il faut bien remplir sa mission. Elle a n’a pas vu à Rouiba et ailleurs des urnes ouverte aux électeurs, avec un double fond fait des tronches du FLN et du RND.

Franchement, inutile de continuer à étudier quelques aspects de la méthode rigoureusement frauduleuse employée par les “services” pour duper les populations particulièrement les jours de votes. Louisa peut être heureuse, sa formation politique compte légèrement un peu plus de députés que de militants. Chose vraie, cinq centres de vote sur quinze n’ont pas vus de représentants du PT.

Solliciter, manipuler, amalgamer, c’est bien en politique dit-on, il en est qui ont tronqué leur dignité pensant que c’est encore mieux. Ils ont eu leur petite place à l’assemblée sauf le sieur Amara Benyounes. Voilà un politique qui s’est proposé à la vente et qui n’a pas trouvé acheteur. Ni Boutef, ni les généraux ne semblent en vouloir. Que doit-il penser après avoir nié des amis de combat, après avoir mêlé le sang des martyrs du printemps noir au tapis rouge qu’il roulait sous les pieds de Bouteflika lors de son passage dans la capitale Kabyle. Le journal liberté écrit que l’UDR de M. Amara réfléchit déjà à l’avenir, quel UDR et quel avenir ? Croit-il qu’il soit encore utile de jouer au fanfaron quand les certitudes s’effondrent. Allez monsieur Benyounes, il vous faut réfléchir à établir des contacts avec Hortefeux, il est ministre de l’immigration en France, il serait préférable de vous installer à Saint Denis et dépendre de lui que de songer comment rembourser l’argent dérobé. A moins que vous réfléchissiez à jeter le bébé avec l’eau du bain. Vous ne pouvez en tout cas reprendre le blason de l’opposition ça serait une autre crapulerie. Pensez-vous que dans la mathématique politique deux crapuleries de sens contraire s’annulent ? en tout cas en littérature c’est la moins honteuse qui se met à l’infinitif.

Nabila Nasri

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