Sécurité nationale, raison d’Etat et volonté de sa majesté le roi des rois en Algérie

La sécurité nationale couvre depuis 1962 et couvre encore de nos jours toutes sortes de délits. Le président a tous les droits ; il est au dessus des lois et bien sûr le roi ne peut pas se tromper ! C’est-à-dire, qu’il est comme un monarque dans la « république » ! Il est toujours, quoi qu’il fasse, applaudi car il le fait en vue de la sacro sainte sécurité nationale !

Il peut changer les lois, manipuler la constitution à sa guise ou même décider de couronner le crime pour permettre une pseudo-réconciliation nationale ! Ce qui est propre également à l’Algérie « indépendante » c’est l’intrusion massive de la criminalité dans la vie politique et publique dès le lendemain de la soi-disant indépendance.

Je veux parler ici de quelque chose qui dépasse de loin tous les crimes que l’on cherche toujours à justifier par la raison d’Etat, en prétextant que c’est des exceptions à la règle (sauf qu’en Algérie tout ce qui déborde ou qui ne rentre pas dans le moule de la pensée unique ou majoritaire est exceptionnel à la règle). Juste après 1962, l’Algérie s’est retrouvée, soudain, confrontée à un style d’action politique qui est en lui-même criminel. Il ne s’agit nullement d’une exception à la règle car ils ne disent jamais que nous sommes dans une situation d’urgence, et qu’il faut mettre tout le monde sous surveillance, ou interdire toute manifestation, … Non ! En Algérie la surveillance, l’interdiction des manifestations et toute contestation quelle qu’elle soit font parti d’un procédé politique normal ! Ils affirment même que tel ou tel passage à tabac sanglant de manifestants pacifiques est absolument légitime car on invoque, encore une fois, la sacro sainte sécurité nationale ! Cette affaire de sécurité nationale provient directement de raison d’Etat. Cette notion de sécurité nationale que l’on invoque pour briser le peuple, à chaque fois qu’il veut redresser l’échine, est directement importée de l’Europe centrale. Bien sûr, les Allemands, les Italiens et les Français la reconnaissent comme entièrement justifiée, dans leurs colonies respectives, parce qu’ils ont toujours vécu sous cette règle et fonctionné ainsi pour entretenir la sécurité dans les colonies. Mais c’est précisément cet héritage du colonialisme européen, entre autres français, que la guerre de 1954-1962 avait l’intention de briser pour permettre au peuple de vivre dans la dignité. Au contraire, l’Algérie pseudo-indépendante a fait exactement l’inverse en matière de gestion politique en renforçant la structure du système politique héritée de la France coloniale par un abrutissement programmé du peuple en vue de maintenir le pouvoir en place aussi longtemps que possible. Et qu’on ose encore parler de démocratie et de pays « libre et indépendant » après 50 ans de guerre sans merci livrée contre tout un peuple ! Ce même peuple qui se prépare aujourd’hui pour aller aux urnes pour élire ses subalternes et légitimer une fois de plus les héritiers du colonialisme français.

Djidji Nait

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