Suite à l’annonce du retrait de Saïd Sadi de la présidence du RCD

Réelle alternance ou simple artifice poutinien suite aux critiques insistantes de ces dernières années concernant l’indétrônabilité du chef omnipotent, omniscient et quasi déifié et son corollaire, l’absence de l’alternance à l’intérieur des partis dits démocratiques ? Dans les deux cas, cela arrive trop tardivement qu’on se demande à quoi bon aujourd’hui après que ces appareils partisans aient épuisé l’essentiel de leur capital confiance chez la majorité des citoyens de ce qui fut, durant les premières années du pseudo multipartisme, leur seul et unique fief, c’est-à-dire, la Kabylie.

Ensuite, ça démontre combien l’isolement ou l’éloignement de ces partis des populations, est si abyssale que le désarroi ait gagné – enfin – ceux qui, comme Sadi lui-même, qui expliquait maladroitement, dans une émission à la télévision algérienne, face au larbin du Régime, Ghania Oukazi, que, je cite : « le devoir d’alternance qui est exigé au niveau du pouvoir ne pourrait s’appliquer à l’intérieur d’un parti politique » ! Troisième lecture probable : à l’image de ses députés-marionnettes à fils, ayant amassé une fortune uniquement durant la dernière législature (2007-2012) et en siégeant dans une assemblée fantôche qui a vu le jour lors des législatives tenues dans des conditions identiques à celles prévues le 10 mai prochain (!!!) très mal élue (à peine 25% de participation), la plus impopulaire, qui aura été celle qui a maquillé un coup d’État un certain 12 novembre 2008 et qui aura été, également, celle qui avait totalement méprisé la population condamnée à une pauvreté chronique, en adoptant une loi de finance qui corrompra tous ces indus députés par des salaires indécents, des privilèges inimaginables surtout pour ceux qui se qualifient encore d’opposants… donc, ayant amassé une fortune avec, cerise sur le gâteau, une pension retraite à vie tout simplement exorbitante, offerte gracieusement par la dictature à, entre autres, Aït-Hamouda et à Saïd Sadi, ce retrait donc, ne pourrait-il pas être motivé par le soucis de se consacrer, désormais, à la gestion de cette fortune et d’éventuels investissements réalisés antérieurement sous d’autres noms… ?

Comme rien n’est innocent en politique, il est difficile de résister à l’évocation d’un scénario vieux comme le monde dans le sens où ce tour de passe passe poutinien pourrait aussi s’agir d’un « retrait tactique  » ; le mot étant à la mode sur la scène politique algérienne servant à maquiller piètrement une vente concomitante, un reniement, une trahison…ou à anticiper un (re)positionnement sur l’échiquier pour une éventuelle plus grande compromission qui serait suggérer par des officines occultes, c’est-à-dire, par le « pouvoir réel » en Algérie, à l’image donc de ce « retrait stratégique » qui pourrait constituer un positionnement pour une future « candidature » à la présidence de la république bananière algérienne qui aura plus que jamais besoin des artifices les plus machiavéliques et les plus insolites pour rebondir lors des crises à venir et perdurer encore aux commandes de la rente pétrolière en mettant en avant des candidatures d’apparence « opposées au régime » et qui, en sus, seraient Kabyle ( !) et, s’il vous plait, « non partisanes » (!) mais qui, en contrepartie de l’assouvissement d’une ambition politique personnelle démesurée, mènera la même politique en vigueur depuis 1962 notamment par rapport à la place de la religion ainsi que sur le plan de l’identité, de la culture et des langues confirmant la suprématie de la langue et de l’identité arabes sur leurs vis-à-vis berbères qui gagneront quelques échelons pour créer quelques illusions d’optique chez les berbères, notamment les Kabyles, mais qui demeureront à l’ombre des fameuses « constantes nationales »… Le régime liberticide algérien n’est pas puissant, il l’est à cause des accommodements répétés des uns et des autres et à ce titre et pour sa propre survie, gageons qu’il aura encore plus d’une corde à son arc, beaucoup plus, au vu du carriérisme primaire des apparatchiks de l’opposition algérienne en générale et Kabyle en particulier…

Ce ne sont que quelques pistes probables pour expliquer cette quête de combler un discrédit populaire par une tentative en trompe-l’œil qui risque certainement pas de faire pleurer dans les chaumières, mais, j’entends déjà d’ici le grincement des dents de certains zélés de ces appareils partisans dépourvus complètement de leurs bases qui, dans une saignée ininterrompue, les auront fuient depuis au moins les 20 dernières années.

Lors de la publication, en décembre 2008, dans les principaux quotidiens, de ma contribution sur les incohérences des partis dits de la mouvance démocratique (Voir ce lien : http://ha11.unblog.fr/pieces-jointes/ ), ce sont ceux-là même, dont certains de ces députés sortants avec qui j’étais plus ou moins en contact et qui m’ont, depuis, tourné le dos (captures d’écran disponibles), quelques élus locaux et de petits responsables de bureaux régionaux mus essentiellement par une ambition personnelle démesurée et quelques militants lèche-bottes qui m’avaient, à ce moment-là, voué aux gémonies essentiellement pour ma critique concernant justement cette flagrante absence d’alternance au niveau de la présidence de ces même partis, ce sont donc, disais-je, ceux-là mêmes qui, aujourd’hui, se chargeront de présenter ce semblant de retrait dont on ignore les tenants et les aboutissants, comme une autre « leçon », voire une « révolution » à ajouter sur le compte de leur « prophète » et de leur appareil partisan qui, pourtant, n’est plus que l’ombre de lui-même.

Voici justement l’extrait (de ma dite contribution), pourtant assez complaisant vis-à-vis de Saïd Sadi, qui m’avait valu tant d’inimitiés depuis 2008 :

« D’autres raisons existent en effet et qui expliquent ce processus d’affaiblissement allant crescendo des partis d’une mouvance démocratique difficilement définissable. Loin de se vouloir exhaustive, cette approche critique citera l’absence de l’alternance qui flirte avec le culte de la personnalité. Il n’est pas question ici de remettre en cause la compétence et les valeurs intrinsèques d’un Sadi par exemple, mais de là à monopoliser la présidence de son parti sans alternance durant près de 20 ans, cela n’est pas sans soulever des questions d’éthique et de démocratie réelle et c’est la porte ouverte au scepticisme. Ainsi, El Hachemi Cherif n’a pu céder les règnes de son mouvement qu’en trépassant, laissant sa maison politique dans une pagaille indescriptible. Que dire d’un Aït-Ahmed qui, bien qu’établit définitivement en terre helvétique, continue de régner sans partage, à travers ses cousins et néanmoins beaux-parents de l’actuel premier secrétaire, en véritable monarque, sur son parti et ce, depuis 1963 ! Ne pas se poser de questions en de pareilles situations, c’est participer à la consolidation de la culture de l’unanimisme béat qui est aux antipodes de l’intelligence et donc, de la démocratie tout court (…)

L’argument auquel on recourt souvent pour justifier cette anomalie c’est le « plébiscite souverain des militants de la base qui auraient voté « unanimement » pour le même président lors des congrès ». Un peu à la manière du régime algérien qui, depuis 1962, recours à cet artifice pour expliquer son maintient permanent au pouvoir par des fraudes électorales systématiques, les partis de la mouvance démocratique versent aussi dans ce vocabulaire populiste et trompeur pour expliquer l’indétrônabilité non seulement d’un président du parti mais souvent, même celle de certains membres influents de la direction qui, malgré l’arrivée de quelques nouvelles compétences, continuent de jouir d’une légitimité tantôt « historique », tantôt « enfant-de-chahidiste » tantôt carrément « claniste » ou « consanguine » qui sont, étrangement, autant de « qualités » requises aussi pour se voir admis dans le cercle du personnel du pouvoir algérien. »

Allas DI TLELLI

Pour lire l’intégralité de la contribution de 2008 ou ici.

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