Terreur en Kabylie

La priorité d’Alger

Dans sa livraison de jeudi 19 janvier 2012, le quotidien El Watan livre deux articles qui révèlent une certaine duplicité dans l’approche éditoriale du journal.

D’abord en page 7 dans la rubrique “L’actualité”, une certaine Nadjia Bouaricha retrousse ses manches et se lance dans la stigmatisation de la Kabylie en proposant le lynchage de Ferhat Mehenni qui aurait, selon notre écuyère du clavier, “tenu des propos insultants vis-à-vis de la Kabylie” et “insulté les martyrs”.

La pauvre Kabylie qui apitoie tant Mme Bouaricha ne l’a pas entendue réagir lorsque des dizaines de mères pleuraient leurs enfants assassinés par l’armée, la gendarmerie et la police algériennes. Son silence la place naturellement du côté des bourreaux de la Kabylie et donc, lui enlève toute légitimité pour parler de cette région qui n’a pas besoin de ses larmes de crocodile.

Ferhat Mehenni est un opposant au régime raciste d’Algérie. Il a le droit de s’exprimer là où il lui est possible de le faire. Au demeurant, dans l’Assemblée française, votre ministre des Affaires Étrangères l’y a précédé.

Dans le même journal, en dernière page et dans la rubrique “Commentaire”, M. Hassan Moali lance un cri d’alerte sur la sécurité nationale. Il prend l’exemple de l’enlèvement, en plein jour par 3 jeunes, du préfet d’Illizi pour dénoncer la porosité des frontières algériennes.

Ce même jour, le journal Liberté informe que 10 nouvelles brigades de gendarmerie seront ouvertes le 5 juillet 2012 à travers des communes kabyles.

Cette information est une réponse involontaire mais juste à l’inquiétude de M. Moali de la faiblesse des moyens sécuritaires le long des frontières. Car de tout temps, pour le régime, le véritable ennemi de l’Algérie une et indivisible n’est pas à l’est, ni à l’ouest et ni au sud. Il est la Kabylie où il ne cesse de renforcer une armada déjà considérable aux dépens de la surveillance des frontières.

En ce même jour aussi, on apprend que tous les gérants des bars de la région de Wagnun (Ouaguenoune) ont été mis en détention à la prison de Tizi Ouzou manu militari sur ordre du wali sans mandat judiciaire et sans nulle raison.

Si on se résume, les forces de sécurité qui sont déployées en masse en Kabylie pour entretenir la terreur et l’insécurité manquent nécessairement pour la surveillance des frontières qui n’est pas la priorité du régime raciste d’Alger.

Et pour donner corps à cette logique criminelle, on organise une opération coup-de-poing le même jour contre de paisibles commerçants qui activent légalement à Ouaguenoune.

CQFD, Mme Bouaricha.

Le 19 janvier 2012

Akli Zinguichor

Lire l’article d’El Watan

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