Trajet tortueux pour une apostille

Procès Ramush Haradinaj à Colmar

Hier, je me suis rendue au rectorat de Strasbourg afin de faire mettre une apostille sur un document. C’est la première fois que je vais à Strasbourg. Après avoir cherché le rectorat, pendant deux heures, j’ai fini par le trouver. Toute contente d’être au bon endroit, on me dit que les apostilles se font à la cour d’appel de Colmar. Je retourne à la gare de Strasbourg pour prendre un train pour Colmar.
La cour d’appel de Colmar se trouve à 3 minutes à pied de la gare. De loin, je voyais du monde devant la bâtisse et commençais à m’inquiéter pour l’attente. Il y avait plusieurs centaines de personnes, des caméras, des médias et plus le temps passait, plus des personnes arrivaient. Il y avait des policiers en nombre. Je me suis adressée à l’un d’eux pour lui expliquer que je venais de Paris, qu’au téléphone les employés du rectorat de Strasbourg renseignaient mal, qu’arrivée sur place l’employée à la réception ne savait ce qu’était une apostille. Qu’elle s’est renseignée auprès de plusieurs personnes, que l’une d’elle est venue me voir, en me tendant un papier, pour me dire que pour une apostille je devais me rendre à la cour d’Appel de Colmar, etc. Je lui ai montré le papier que l’employée du rectorat m’avait remis. Il y a jeté un coup d’œil et a rouspété en disant « qu’il ne pouvait rien faire pour moi, que la cour d’appel est fermée pour le moment et qu’il fallait attendre l’ouverture à 13 h 30, qu’il fallait que je circule ». Il était 12 h 30, encore une heure d’attente. J’étais au bon endroit, c’était déjà ça.

J’ai « circulé » en m’installant au bout de la dernière marche en espérant ne pas être filmée. J’ai expliqué à un journaliste, qui venait vers moi pour me poser des questions, que j’étais là pour une apostille et que je n’étais pas avec la foule qui augmentait de minute en minute.

En attendant l’ouverture de la cour d’appel, j’ai tiré l’ouvrage au tricot que je suis en train de réaliser. J’ai à peine commencé à crocheter, qu’un jeune policier est venu vers moi pour me demander de rengainer mon crochet – Le crochet et les aiguilles à tricoter sont considérés comme des armes dangereuses depuis le plan vigie pirate – J’ai rangé mon « arme » afin de ne pas me la faire confisquer.

A l’ouverture des portes le policier, qui avait rouspété, m’a fait entrer par une petite porte. L’employé qui m’a reçu m’a dit « en principe l’accès n’était pas autorisé ce jour-là à cause d’une grosse affaire ». Comme quoi les policiers qui bougonnent ont tout de même un cœur. Je suis repartie avec une apostille sur mon document. Il ne me restait plus qu’à faire le trajet en sens inverse.

J’ai fait des recherches au sujet de ce procès. C’est celui d’un ex-premier ministre kosovar condamné, par la Serbie, pour crimes durant la guerre du Kosovo.
Voici quelques infos sur le personnage qui s’est rendu librement à son procès :

« Un ancien premier ministre du Kosovo Ramush Haradinaj, éphémère chef du gouvernement de son pays (de décembre 2004 à mars 2005) et ancien prévenu du Tribunal pénal international pour l’ex-Yougoslavie (TPIY), a été arrêté à l’aéroport de Bâle-Mulhouse, mercredi 4 janvier, sur la base d’un mandat d’arrêt serbe. […] en attendant que la justice statue sur son éventuelle extradition vers Belgrade, qui entend le juger pour 108 chefs d’inculpation allant du « terrorisme » au massacre de civils du temps de la guerre du Kosovo de 1998-1999. »

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