Vers l’émeute électorale, et après?

Ce n’est qu’un exemple : Plutôt que dépenser des centaines de milliards (venus d’où d’ailleurs?) dans la lutte contre un changement climatique prévu dans un siècle, ne vaudrait-il pas mieux les investir pour une grande part dans les pays du tiers-monde en difficulté afin d’éviter que leurs populations ne se déplacent en Europe dans la souffrance et l’humiliation ? C’est ce qu’a pensé Bjørn Lomborg. Sauf que l’on préfèrera sinon empêcher du moins minimiser ces solutions, tout en donnant également, et surtout, un formidable coup de boutoir à la notion de « frontière » et partant de « citoyenneté ».

Cela n’empêche cependant pas d’investir aussi dans quelque chose de plus concret comme la lutte, permanente, contre la pollution et le gaspillage sans les aberrations néanmoins à la façon dont cela se passe ces temps-ci à Paris, bloquant, aggravant la situation, au lieu de mettre d’abord à niveau les transports alternatifs…

Il se trouve que de plus en plus de franges non négligeables des peuples en ont assez de ces façons de penser et faire. On peut fort bien les traiter de tous les noms, populisme, extrême droite, trumpisme (néologisme de lepénisme pour les paresseux de l’esprit tel un François Cusset l’idéologue actuel des ZAD) il n’empêche que ces populations ne veulent pas disparaître. Elles ne veulent pas voir mourir le monde qui les a vus naître, sans pour autant refuser le changement. Or, tout un culturalisme chérit la préservation des différences, surtout celles du Sud ne tarissant pas d’éloges sur la « diversité » sauf que tout cela sera interdit aux peuples occidentaux sommés de courber l’échine au nom de crimes pourtant bien partagés par tous les régimes : le communisme a tué bien plus que le nazisme et ces deux régimes ont tué bien plus que le colonialisme occidental, à l’exception peut-être de la traite esclavagiste arabo-musulmane bien plus meurtrière que la traite européenne… Quelque chose ne tourne pas rond. Depuis longtemps. Et le fait de voir nos jeunes esprits subir un tel lavage de cerveau incite en effet à l’émeute électorale.

Car certains ont décidé de manipuler ainsi les esprits pour accentuer leur lutte nihiliste contre « l’ordre social » occidental. D’autres parmi eux mais aussi au sein des sphères spirituelles issues du mécanisme matérialiste et scientiste pensent que le citoyen devenu consommateur oubliera le désir hobbesien de rivalité, la fameuse vanité smithienne, préfèrera donc le commerce à la guerre ; sauf que cela ne passe pas comme cela : les peuples (à la marge au début) veulent se battre pour préserver le bonheur de partager la même perception que leurs aïeux peuplée des contes et des mythes de leur enfance et qui forgent ce cocon protecteur permettant également la mue des civilisations.

Pourquoi l’Occident devrait-il mourir au profit d’une vie guimauve ou d’une frugalité qui empêche la vie confortable d’antan au-delà des difficultés ? Le social étatisme gaullo-communiste nous appauvrit (malgré sa fausse parenthèse libérale avec 57% de dépenses publiques) et vouloir le ressusciter sous le prétexte qu’il a pu en être le rempart comme le croient le FN le FDG, les DLF, c’est vider leur constat, souvent non nul des aberrations etchnocratiques, par des solutions qui ont précisément abouti à ce que nous vivons actuellement.

Certes, le désir de l’émeute peut tout balayer. Même si l’on sait pertinemment (historiquement) que faire marcher à fond la planche à billet (Allemagne, Zimbabwe, Venezuela…) ne résoudra pas les problèmes de l’heure, encore moins celle de la modernisation participative collaborative à une nouvelle démocratie républicaine ; peu importe ! Beaucoup d’entre nous pensent qu’il faut d’abord se débarrasser de l’élite médiatico-politique qui en est à un tel point de cynisme, qui s’accroche comme la moule à son rocher, ces temps-ci qu’elle se met créer des candidats Canada Dry pour capter la colère.

Mais l’émeute électorale, si elle peut faire plaisir, telle celle qui amené Trump au pouvoir, peut produire aussi le contrecoup qui peut amener réellement à la guerre civile dans laquelle seuls les plus forts, les mieux organisés, triompheront, tout en brassant un simplisme, un réductionnisme implacable comme cela se dessine peu à peu devant nous avec un 1er tour partagé entre des candidats semblables sauf deux, Mélenchon et Le Pen, qui, arrivés au second tour, déclencheront cet affrontement ultime nous faisant basculer dans un processus révolutionnaire aux contours nécessairement inédits.

Certes pour l’instant on nous vend seulement le retour nostalgique à un pompidolisme bon teint teinté d’ouverture aux PME et de protectionnisme bloquant les magnétoscopes à Poitiers (comme l’avait décidé Fabius avec le conseil d’Attali) sauf que cela ne résoudra déjà pas les problèmes économiques profonds s’exprimant en manque d’innovation (y compris sociale telle une participation effective des salariés à la gestion) et de compétitivité qualitative (alors que l’inventivité française a toujours été première) mais nous transformera en « pays non aligné »  façon Égypte, Inde, Brésil des années 60 avec une production intérieure de plus en plus obsolète, chère, et une pauvreté accrue, même après avoir tondu tous les « riches » (comme en 17).

Pourtant, c’est plutôt en libérant l’énergie française des entraves étatico-gaullo-communistes, sans pour autant sombrer dans un dumping social inégal aux frontières de l’Europe, et aussi en son sein, que l’on pourra avoir peu à peu les moyens d’investir sainement dans les réformes éducatives et urbaines nécessaires qui permettront d’asseoir une réelle politique d’intégration et d’ascension sociales.

Refuser la technocratie européenne et mondiale, son centralisme, son jacobinisme, ne veut pas dire que son remplacement par une technocratie « française » nous sortira de l’ornière.

Aller vers l’émeute électorale, pourquoi pas, construire les conditions objectives et subjectives de réussir une réelle révolution libérale-républicaine c’est mieux car elle associe liberté égalité et fraternité plutôt que de les opposer comme le font actuellement tous ces candidats qui soit veulent nous persuader que « le » libéralisme (nécessairement ultra) serait la source de beaucoup de maux français (beaucoup) soit que le refus de « l’autre » serait cause « réactionnaire » (et « moisie ») à balayer au profit d’une ouverture BCBG ou BOBO selon les oscillations du genre.

Il n’est cependant pas sûr que cette fausse alternative soit le réel moteur de la Révolution qui vient… Pour le meilleur et pour le pire…

Par Lucien SA Oulahbib 

 

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