Vers une année blanche dans le secteur ternaire de l’éducation à Tizi-Ouzou

Pauvres tortionnaires, la Kabylie se souvient de vos crimes et le peuple sera là pour vous condamner.

Kabylie (Kabyles.com) La crise demeure toujours dans le secteur ternaire de l’éducation à Tizi-Ouzou, car depuis maintenant plus deux mois que des milliers d’élèves sont privés de cours. Les autorités concernées, en l’occurrence le nouveau wali de Tizi Ouzou, Mohamed Bouderbali et Nouria Benghebrit, ministre de l’éducation, traînent la patte et font semblant de ne pas entendre les réclamations des enseignantes et des enseignants, et de ne pas voir l’angoisse des parents et des élèves.

Les enseignantes et les enseignants des différents paliers de l’éducation nationale, affiliés au Conseil National Autonome du Personnel Enseignant du Secteur Ternaire de l’Éducation (CNAPESTE) sont en grève depuis le 19 octobre 2017, par solidarité avec leur collègue, agressée le 18 octobre par une policière dans l’enceinte de la direction de l’éducation de la wilaya de Tizi-Ouzou.

L’enseignante H.D.j, âgée de 24, exerçant dans une école primaire de Redjaouana, s’est déplacée à la direction de l’éducation de la wilaya de Tizi-Ouzou pour se renseigner au sujet d’un stage réclamé par son inspecteur qui a pris un retard de plusieurs mois.

Suite à une criaillerie entre elle et une secrétaire revêche, une policière s’est interposée et réclame à la jeune enseignante ses papiers. Cette dernière refuse en évoquant ses droits, entre autre, qu’elle se trouve dans une académie et non pas dans un poste de police. La policière relevant de la sûreté de daïra de Tizi Ouzou, affectée à cette académie, lui tord le bras brutalement derrière le dos pour l’évincer dehors, la plaque au mur et lui assène ensuite une gifle suivie de menaces et d’insultes.

Le chef de service du personnel, Rabah Khedim, et chef de service du contentieux au sein de la direction de l’Éducation de la wilaya de Tizi-Ouzou, Saïd Merbouti, assistent à cette agression avec indolence et indifférence totales.

À la violence, ils ajoutent de l’amertume et la perversité ! L’enseignante violentée est devenue une cible de menaces, d’accusation et d’intimidation de la part de ses assaillants. À toute heure, elle reçoit des appels téléphoniques masqués. Le jour de son agression, lorsqu’elle a été escortée à l’intérieur de l’académie par ses trois bourreaux et d’autres policiers dépêchés sur place, ils l’ont conviée à faire un rapport au ministère sur “son mauvais comportement” sous prétexte qu’elle risquait la prison. Ils lui ont signifié aussi qu’accuser une policière va lui coûter très cher.

Par l’entremise d’un communiqué de la sûreté de police de Tizi Ouzou, la direction réfute cette bavure et les deux lascars de l’académie nient à leur tour ce dérapage.

C’est évident pour les enseignantes et les enseignants ainsi que leurs représentants, tout cela est orchestré pour étouffer l’affaire. Le coordinateur de wilaya du CNAPESTE, Abderrahamane Ouaked, ne veut même pas une commission d’enquête car pour lui c’est une procédure qui va juste occulter la vérité. ” Pour nous, le CNAPESTE, notre exigence est claire à présent : le limogeage pur et simple du chef de service du contentieux et du chef de service du personnel. Nous considérons que le contrat moral entre ces deux personnes et la famille enseignante n’existe plus”.

Outre, le chantage, l’intimidation, la bureaucratie, le favoritisme, les blocages de dossiers, les retards de paie, les actes d’incivilité sur le personnel enseignant sont nombreux.

Plusieurs rassemblements organisés par le CNAPESTE et par les parents accompagnés de leurs enfants ont eu lieu à Tizi Ouzou, en octobre, en novembre, en décembre mais en vain.

Pourquoi cette insouciance et cette marginalisation ? À qui profitent cette négligence et ce chaos ? À quoi bon cette violence arbitraire et ce blocage volontaire ?

En Avril 1980 c’est l’université de Tizi Ouzou qui est prise d’assaut par les forces de l’ordre au cours de l’opération Mizrana, après l’interdiction de la conférence de l’écrivain Mouloud Mammeri sur la poésie kabyle ancienne. C’est le Printemps Berbère. En 1994-1995 c’est le boycott scolaire en Kabylie. C’est l’introduction de Tamazight à l’école et l’installation officielle du Haut Commissariat à l’amazighité(HCA).En avril 2001, c’est Massinissa Guermah, un jeune lycéen, qui est tué d’une rafale d’arme automatique par les gendarmes dans les locaux de la gendarmerie de Beni Douala. C’est le Printemps Noir. Voilà un autre printemps 2018 qui se dessine ! Serait-il le Printemps de la Liberté ?

Le régime colonial algérien concocte à chaque fois un scénario pour embraser la Kabylie. Avec son odeur infecte, il rode tel un vautour en Kabylie pour se nourrir de cadavres des carnages habituels de ses services de répression.

Pauvres tortionnaires, la Kabylie se souvient de vos crimes et le peuple sera là pour vous condamner.

Vive la Kabylie libre et indépendante.

A.B

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