Vivre et mourir en Kabylie

« La vie est une chute horizontale ! » disait Jean Cocteau assis sur son lit de toxicomane dans une clinique parisienne.
« Quand on joue avec la mort, on ne cherche pas comment gagner, mais comment bien perdre » disait un asthmatique en redescendant d’une forêt en flammes. Il y a trois jours, nous sommes montés éteindre un feu de forêt à Wizran. Une belle forêt que chaque année des âmes sataniques tentent de bruler. A un moment, nous étions coincés entre les flammes et un paysage paradisiaque. Cela ressemblait à une fenêtre de l’enfer donnant directement sur le paradis tel qu’on nous le décrit. Au départ, nous avions plus ou moins réussi à maitriser le feu, mais vers 13h00, le vent rendit la tâche impossible. Nous étions impuissants et on regardait le feu se propager et engloutir arbre après arbre s’aidant des buissons sur son chemin. C’était à ce moment-là que je me rendis compte que l’impuissance pouvait être tellement douloureuse.

En montant sur cette montagne, j’ai appris deux choses : que la solidarité n’existe plus en Kabylie et que ce beau pays ressemblant de plus en plus à une poubelle géante nous punira un jour d’une manière irréversible.

Hmimi O’Vrahem

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