Yasmina Khadra directeur du CCA

Voici l’écrit d’un candidat à la présidence, directeur du centre culturel algérien, qui vous donnera une idée de ses capacités littéraires. On retrouve ainsi le langage de Yasmina Khadra qui n’a rien à voir avec les textes de « ses » livres.
Les phrases ne sont pas terminées mais il va à la ligne. La ponctuation n’est pas respectée, la typographie non plus. Je vous laisse apprécier la qualité de la prose de ce « mot du directeur ».

La culture est un territoire de partage ; un havre de réconciliation avec ce que nous avons de plus profond et qui nous singularise parmi les espèces peuplant notre planète : notre authenticité et notre générosité. Elle est cet héritage qui revient à chacun d’entre nous, qui devrait nous rassembler autour d’un espoir commun, d’un rêve collectif, d’un élan fraternel et beau. Elle est cette source splendide dans laquelle s’abreuvent nos émotions les plus saines, notre empathie et notre besoin de faire partie intégrante de l’aventure humaine dans ce qu’elle

A de plus exaltant, voire de plus festif. Elle participe à notre salut en nous rappelant constamment que nous sommes capables de donner, de recevoir, d’émerveiller et d’émouvoir ; bref, elle nous humanise en dépit de cette frénésie qui s’empare de nos faiblesses et de nos frustrations dès que l’adversité nous rattrape et nous isole.
Notre revue « Kalila » s’inscrit dans cette volonté de nous ouvrir les uns aux autres, de dépoussiérer les ponts censés nous rapprocher dans un monde souvent intolérant et injuste, sourd à l’appel des cœurs et de l’esprit , volubile lorsqu’il s’agit de vilipender, diaboliser , chahuter les initiatives louables, devenues presque suspectes maintenant que les raccourcis et les hostilités insensées sont devenues monnaie courante.

Cependant, dans cette incohérence tumultueuse, tandis que la méfiance et le rejet sont en voie de dépasser l’entendement, l’intelligence malmenée tient bon, accrochée désespérément aux valeurs essentielles et aux espoirs défigurés par les colères et la méconnaissance ; elle tient bon parce que consciente du cataclysme qui menacerait notre avenir si elle venait à lâcher prise. Elle demeurera, aujourd’hui plus qu’avant, et demain davantage, le dernier rempart qui

Nous protège de nous-mêmes, du tort que nous incarnons après avoir échoué à incarner les mythes que nous n’avons pas su faire vivre en nous.

Croire encore au verbe, aux talents, aux Arts et aux lettres ; se prêter au jeu d’un comédien  ;

Se solidariser avec les efforts titanesques d’un peintre dans sa quête du génie et dans sa conjuration de nos vieux démons ; consentir à plonger dans un livre et à découvrir ce que les portes dérobées de notre quotidien occultent ; se diluer dans la muse d’un poète écorché ; faire corps avec les notes d’un musicien enthousiasmant, c’est aussi échapper à ce qui nous fragilise, échapper à la routine , à la banalité pour se ressourcer et se reconstruire dans ce que l’Autre nous tend en guise de perche pour nous ramener à la vie plurielle, jouissive, inventive et sans cesse surprenante tant par son ingéniosité que par son souci impérissable de donner à voir et à comprendre , de divertir et d’instruire, de nous faire ,rêver et prendre conscience de la chance que nous avons d’être ensemble.

Le directeur du CCA
Yasmina KHADRA

 

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Voir le billet sur le site du centre culturel algérien : http://www.cca-paris.com/index.php?option=com_content&view=article&id=92&Itemid=80

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