Yennayer : une halte festive pour revigorer vigilance et lutte

Je viens d’apprendre qu’un imam a ressassé à ses fidèles ce qui se prêche chaque année dans de nombreuses mosquées d’Algérie et d’ailleurs, à savoir que célébrer YENNAYER est « haram » !!! Comme je suis heureux de savoir que je fais partie de ceux qui célèbrent une fête ancestrale qualifiée de la sorte (Haram) ; j’en savoure même une certaine joie délectable ! C’est drôle, à chaque fois qu’un arabo-islamiste m’accuse en brandissant leur « Haram », j’ai tout de suite la conviction que je suis dans le droit chemin, celui de la vie, de l’évolution, de l’épanouissement et de sagesse !

L’État algérien, ami et bailleur de fond de certains chanteurs de basse-cour, d’une certaine catégorie de pseudo opposants, d’intellectuels et de sportifs Kabyles, célèbre, chaque année, plus de 60 journées de fêtes nationales et internationales, dont plusieurs chômées et payées !

Aucune fête ne célèbre notre appartenance à l’identité Kabyle et à notre origine Berbère (tamazight). C’est comme si nous étions arrivés-là dans la capuche puante de la djellaba d’Okba Ibn Nafaa ! Un peuple sans origines, sans racines. Pourtant, nombreux, parmi nous, sont ceux qui se confinent dans la résignation pendant que d’autres, dans une tentative de se donner une conscience tranquille, préfèrent minimiser l’importance multidimensionnelle de la question identitaire pour les berbères en général et la Kabylie en particulier ! C’est pour cela qu’ils ne savent pas où aller ! Ils s’accommodent par défaut d’une identité tronquée, parcellaire, folklorique…en somme, ils s’installent dans une fausse identité qui les poussent dans un excès de virulence vis-à-vis des militants de la cause identitaire, tant en Kabylie qu’ailleurs, c’est-à-dire vis-à-vis d’eux-mêmes, mettant en exergue, d’une part, une perte totale de l’estime de soi due au travail de sape tendant à effacer et à nier le fait Kabyle et Berbère au profit de l’identité nouvelle imposée d’une manière intensive et systématique, et, d’autre part, la tension titanesque qui menace leur équilibre psychologique car née de ce déchirement profond entre l’identité réelle et l’identité de substitution arborée souvent au non de l’islam qui, à leur yeux justifierait leur arabisation, l’arabe et l’arabité étant consubstantielles à l’islam, par ailleurs sacralisées car choisies par un Allah monoglotte à travers la langue du coran qui est aussi celle du prophète arabe.

C’est à nous qu’il revient d’imposer Yennayer au même titre que notre existence en tant que peuple Kabyle et peuples berbères, imposer le lien éternel, quasi charnel, à nos valeurs culturelles et à notre identité authentique, faisant de nos festivités culturelles, des espaces d’affirmation de nous-mêmes et d’opposition au révisionnisme arabo-islamiste, des espaces de liberté où nous continuerons à exprimer la fierté de notre héritage civilisationnel et où nous maintiendrons allumée, la flamme de notre lutte et de nos espoirs de liberté et d’émancipation politique, culturelle et sociétale.

Meilleurs vœux et Aseggwas Ameggaz 2963 à tous les Kabyles et à tous les Berbères fiers et dignes !

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Allas DI TLELLI

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