Documents historiques

Algérie questions spéciales

Voici un premier extrait sur les questions spéciales sur l’Algérie en 1847. La carte de géographie qui illustre l’article a été réalisée en 1839.

Les observations qui suivent ont pour objet de résumer, en les accompagnant de considérations sommaires, les points principaux sur lesquels a porté le débat relativement aux affaires de l’Algérie.

Ces observations se divisent en deux parties : la première ayant trait à diverses questions de gouvernement et d’administration, la seconde relative à la colonisation proprement dite.

Population. — Fertilité.

On comprend quel avantage il y aurait à connaître le chiffre réel de la population indigène de l’Algérie, de cette population tantôt soumise, tantôt ennemie, qu’il faut administrer ou combattre.

On comprend également de quelle importance il serait qu’on fût bien fixé sur le degré de fertilité d’un pays dont, au milieu de difficultés sans nombre, on a entrepris la colonisation.

Malgré tout l’intérêt de ces recherches, on n’a pu jusqu’ici tomber d’accord ni sur la population approximative ni sur le degré de fertilité de l’Algérie.

À l’égard de la population, les calculs varient dans une proportion très importante. Il est assez difficile de se faire sur ce point une idée à peu près juste, car les moyens d’investigation et de contrôle, si faciles et si perfectionnés chez les peuples de l’Europe, ont été jusqu’ici fort imparfaits dans la nouvelle conquête. On connaît exactement le chiffre, peu considérable d’ailleurs, de la population européenne en Algérie ; mais l’insuffisance des données statistiques n’a pas permis d’établir une estimation bien positive relativement au nombre réel des indigènes. C’est à l’administration, qui centralise tous les renseignements, à ne rien négliger pour arriver sur ce point à un résultat un peu précis dont elle sera la première à profiter.

Quant à la fertilité du sol, les opinions ont également beaucoup varié. En général, on a été plutôt disposé à la révoquer en doute, ou même à la nier absolument, qu’à l’exagérer. Il paraît cependant bien certain que l’Algérie n’est rien moins que stérile : à cet égard, les observations recueillies soit dans les expéditions faites en tous sens, soit dans les explorations des membres de la commission scientifique, ont fourni de précieux renseignements. On a appris qu’il y avait d’importantes distinctions à faire entre les diverses régions ; que sur un assez grand nombre de points la culture était déjà bonne, qu’elle pouvait devenir avantageuse sur beaucoup d’autres, et qu’il y avait en outre à faire entrer en ligne de compte différents produits industriels d’une importance assez considérable. À ce sujet, un tableau détaillé des ressources de diverses natures qu’offre l’Algérie, dressé par l’administration au moyen des documents qu’elle seule peut réunir, aurait le double avantage de fixer l’opinion sur la valeur positive de la conquête et d’offrir une base solide aux entreprises sérieuses de colonisation.

Lainné, avocat à la cour royale de Paris, 1847

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Geneviève Harland

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  • Merci pour toutes ces publications de Genevieve Harland. Je decouvre et c’est a chaque fois un grand enrichissement culturel.

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