Chronique

Anesthésie de l’assistanat, Kabyle de l’intérieur et Kabyle de l’extérieur

KABYLIE (Kabyles.com) —Vous avez sans doute observé cette jalousie à l’encontre de la diaspora, et les excès qu’elle entraîne chez certains Kabyles victimes de l’anesthésie de l’assistanat au point de déverser leur fiel contre leurs compatriotes exilés. Il y a bien des ingrats qui osent mordre même la main qui les nourrit. La stratégie du pouvoir sanguinaire algérien de diviser pour régner fait son chemin en Kabylie. 

En fait, les victimes de l’anesthésie de l’assistanat développent la haine de soi, le régime mafieux algérien à beaucoup investi dans ce domaine. En Kabylie, les autorités algériennes, grâce aux médias, ont tout fait aussi pour diviser les Kabyles au point d’évoquer des différences entres ceux de l’intérieur et ceux de l’extérieur. 

Les Kabyles qui tombent dans ce piège de division sont souvent les aliénés et les disciples de l’aplaventrisme . Les braves Kabyles quant à eux sont immunisés. 

La générosité de la communauté kabyle de la diaspora est légendaire. L’émigré kabyle vit ailleurs, mais il porte toujours la Kabylie dans son cœur. Cette attitude résulte de la disposition entretenue constamment par nos anciens émigrés qui économisaient leurs gains, souvent, au détriment de leur bien-être pour subvenir aux besoins de leur famille établie dans le pays des Kabyles (Tamurt n Leqbayel ).

Une tradition bien établie qui ne s’est pas estompée depuis plus d’un demi-siècle maintenant. Elle se lègue de génération en génération. La diaspora kabyle fait tout son possible pour apporter son aide à la Kabylie et ses citoyens qui sont dans le besoin. Des quêtes et des prises en charge pour les malades, envoi de médicaments, du matériel médical et scolaire, des vêtements […] des livraisons de toutes sortes sont acheminées quotidiennement en Kabylie par les Kabyles installés à l’étranger.

L’attachement de la communauté kabyle de la diaspora à leur terre ancestrale est pareil à ce lien qui existe entre la plante et ses racines. Ce sentiment profond et naturel, qui connecte les braves Kabyles avec leur patrie, suscite l’admiration de beaucoup de gens qui fréquentent notre communauté à l’étranger.

La diaspora kabyle a toujours participé au plan de solidarité pour déjouer la politique d’austérité et l’embargo que le régime colonial algérien impose en Kabylie. Chacun aide sa famille à bâtir une maison, cultiver la terre, acheter un véhicule ou tout simplement ouvrir un commerce pour survivre.

Les membres de la diaspora œuvrent depuis toujours pour que notre culture et notre identité kabyles prennent toute leur place au sein de leur pays d’accueil. Au niveau politique, plusieurs personnalités donnent leur appui au Mouvement pour l’Autodétermination de la Kabylie (MAK) et expriment leur solidarité avec cette Kabylie marginalisée et son peuple opprimé.

Tout cela n’enlève rien aux sacrifices et à l’excellent travail que font nos concitoyens sur le terrain, en Kabylie pour préserver notre identité et libérer notre patrie des griffes du colonialisme algérien. Au contraire, c’est cette union entre le Kabyle de l’extérieur et celui de l’intérieur qui fait notre force. 

Le thème de l’exil est très répandu dans les chansons de nos artistes kabyles qui adhérent souvent au proverbe qui dit :

“au pays d’exil, même le printemps manque de charme”.

Nous quittons la Kabylie en laissant derrière nous nos parents et nos proches, notre enfance et nos souvenirs. Nous laissons notre vie, nos joies et nos malheurs. On apprend de loin le décès d’un proche, de tristes nouvelles, mais aussi d’heureux événements, un mariage, une naissance […] la vie qu’on dit est un court exil devient soudainement une malédiction  pour celui ou celle qui n’est pas en mesure d’assister aux funérailles de ses parents, au mariage de son frère ou de sa sœur, ou à la naissance d’un des siens. La distance est affligeante. 

Les personnes qui s’en prennent aux braves kabyles de la diaspora en s’attaquant à leurs enfants à leur mode de vie, au fait de vivre à l’étranger sont les oiseaux du malheur. Souvent, ils sont des victimes de l’anesthésie de l’assistanat. Ces personnes ne comprennent pas que l’exil n’est pas une invention ni une exclusivité kabyle.

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