Chronique

Chemin vers la disparition des Kabyles “khawa khawa”

Le temps passe plus vite que jamais. L’heure du changement à double tranchant a vu le jour, la tension aussi, elle monte en flèche. Les lâches, de leur côté, se regroupent autant qu’avant sous forme de blocs sans aucun objectif tracé, tandis que les indicateurs du système corrompu sont de plus en plus nombreux partout, dans les rues, au niveau des places publiques, au premier rang des carrés dans les marches hebdomadaires… Je dis bien partout et tout le temps !

Il semble pour la majorité des Algériens, que rien n’a changé. Depuis des mois, un peuple très déterminé pour un objectif ultime le départ de la junte militaire & Cie, les corrompus des quatre mandats des années d’or de l’Algérie totalitaire des robinets inox du pétro-gaz, les vieillards cacochymes marabouts des zaouïas, les pauvres cloches des services de sécurité alimentés par une bande de lâches KDS, les faux-démocrates, les faux-moudjahidines… Je m’arrête là ! La liste est plus longue que l’on pense, il nous faudrait un rouleau de papier toilette pour citer toute cette crème de vieux pourris et puis la jeter dans les sanitaires. Ce n’est pas nickel du tout !

En réalité, rien n’a changé même chez nous.

À vrai dire, c’est pire qu’un discours d’un schnoque niveau primaire. La Kabylie s’arabise à la vitesse du premier TGV africain, que le Maroc a inauguré il y a une année. La Kabylie est devenue très islamiste depuis le 22 février, date glorifiée des hirakistes, qui ne cessent jamais de la revendiquer comme le jour du commencement d’un soi-disant “Hirak”, simplement parce que le 16 février, c’était en Kabylie, c’était dans le bastion des révoltes populaires. Kherrata, la martyre.

Les micro-politiciens ou bien les faux démocrates, invités un peu partout en Kabylie, par les universités de Bgayet, Tizi, Tuviret, aux cafés littéraires de Bouzeguene, Aokas, Tichy et même les autres villes kabyles, à Aqvu et à Kherrata (aucune conférence ne s’est tenue hors du sol kabyle), ces partisans n’ont rien apporté de nouveau au peuple…
Un ancien premier secrétaire d’un parti politique, a déclaré qu’il est « pour une Algérie libre démocratique » puis dans la même phrase, il ajoute « avec des valeurs islamique. ». Est-ce logique ? Un autre micro-journaliste, qui a fait une vidéo selfie devant la stèle d’Ibn Khaldoun à Bgayet, pour lui rappeler qu’on parle encore arabe classique ici, « nous sommes des amazighs arabisés par le saint coran », ce qui est devenue une tendance d’assimilation dans un moule fondé sur l’intégrisme et le sous-développement, qui s’adresse aux folles foules, aux troupeaux du berger absent. Une véritable « tchekchouka » comme le dit Takfarinas.

Pendant la marche hebdomadaire en Kabylie, aucune nouveauté, absolument rien du tout. Des slogans fréquents tels que « khawa khawa », « silmiya silmiya » ; « allah akber… »… Ces mots de l’arabe classique de Ibn Badis, de El Ibrahimi et de Fodil El Ourtilani, ne sont pas issus de ce Hirak, ce sont des slogans mythiques et immortels de l’Algérie arabo-islamiste, scandés au moment où la tendance islamiste du FIS avait monopolisé les cervelles algériennes, aux débuts des années quatre-vingt-dix. En toute sincérité, Est-il logique de revendiquer la liberté, la démocratie, la laïcité et une Algérie libre et plurielle avec des slogans islamistes et arabistes ? Une éventualité hybride, hors logique, voire une contradiction absolue.

Vendredi dernier, à Tizi, les marcheurs scandent « Allah ouakbar mohamed rasoul allah », si vous écoutez la vidéo sans voir la foule avec les drapeaux amazigh, ça ressemble exactement aux années noires du fanatisme dévastateur religieux du FIS, une rage ultime ! Et pendant ce temps-là à Bgayet, les salafistes, les généralistes, les algérianistes et vendredistes chassent les porteurs du drapeau kabyle. Un dépassement inexplicable ! Donc on est passé par l’interdiction du port de l’emblème amazigh en Algérie par A.G.S et maintenaient l’interdiction du port du drapeau kabyle en Kabylie par des faux-Kabyles ! Bon sang ! Un vendredi en faveur de la Kabylie ?

Le Hirak aujourd’hui est un moyen d’assimilation de toutes les cultures, les tendances, les doctrines, les croyances, les habitudes… Tout dans un seul moule hors du pluralisme. Parti unique (Hirak), doctrine et croyance unique (islam), slogan unique (khawa khawa), drapeau unique (celui du bachagha). Le khawa khawa est un chemin obscur et plein d’obstacles, une route non-éclairée.
Le drapeau amazigh, le drapeau kabyle et tous les drapeaux des peuples opprimés flotteront haut dans le ciel de la Kabylie. Sortez de cette mascarade ! Sauvons notre chère Kabylie !

Ramzi Akkache, Le 28 septembre 2019

 

About the author

La Rédaction

2 Comments

Click here to post a comment

  • D awal s wazal-is agmatnegh. S tidett, khwa khwa yagi agh yawi gher nnger ma naammed nedda d aqfafen am 54/62. Ad d-inigh kan awal-iw: “imi mazal iragazen d tlawin am kunwi, mazal asirem d tudert nnegh ad tili”. Ma d iqeddacen n waaraven, ur nezmir ara a sen-nessefhem nnig waya. Yal amdan ad izer anda illa nfaa n uqvayli d teqvaylit ak d win n tmurt taqvaylit sumata.

  • khawa-khra +hirakus= arabo-islamisme bis pire que de celui des années 1990-2000. L’indépendance de la Kabylie ainsi que celle des régions amazighs s’impose d’elle même. Toutes les forfaitures ont été commises envers le vaillant peuple kabyle qui résisterait quelles qu’en soient les vicissitudes à venir./

Topics

<