Chronique

Hakim Arezki, un Franco-Kabyle, victime de la violence du régime algérien durant le Printemps noir en 2001

KABYLIE (Kabyles.com)L’histoire de Hakim Arezki est émouvante. Il est devenu aveugle en 2001, à cause des gendarmes algériens . Ce jeune Kabyle a frôlé la mort à l’âge de 18 ans, pendant les événements du Printemps noir en Kabylie qui ont coûté la vie à plus 128 innocents, des milliers de blessés et d’handicapés à vie. Les services de répression algériens ont tiré à balles explosives sur les manifestants lors d’une marche pacifique pour dénoncer l’injustice et l’oppression. Le jeune lycéen a été atteint par deux balles, l’une dans la cheville droite, l’autre dans la tempe qui lui a sectionné les deux nerfs optiques.

En 2001, j’avais 18 ans, j’étais lycéen, on manifestait pacifiquement pour défendre notre identité, notre langue, notre culture, mais aussi pour réclamer la justice. On est aussi sortis pour réclamer le départ de cette mafia, la même qui gouverne toujours l’Algérie.

Le fils du village de Tamassit, commune d’Aghriv, a été évacué par ses camarades à l’hôpital, mais l’ordre des autorités algériennes de ne pas  prendre en charge les Kabyles blessés lors cette répression sanglante l’avait privé des traitements médicaux adéquats. Ses parents sont intervenus et l’ont rapatrié en la France afin de lui faire prodiguer les soins nécessaires.

Hakim a survécu malgré les multiples pertes de connaissance qu’il avait eues durant son voyage dans l’avion. La blessure lui était fatale au point de le rendre aveugle et lui faire perdre ses facultés langagières. 

Après un long processus d’intervention, d’opération et de rééducation, Hakim Arezki a appris à parler de nouveau, à pratiquer son sport favori, le football, malgré sa cécité.

Le cécifoot m’a aussi permis de renouer avec le football, cette passion que j’avais du temps où j’étais encore voyant. 

Son handicap ne l’a pas empêché de devenir champion français international de cécifoot, un handisport pratiqué par des athlètes déficients visuels. Tout un exploit, champion d’Europe en 2009, finaliste des jeux paralympiques en 2012 à Londres, vice-champion, vice-champion d’Europe en Italie en 2013, cet homme ne cesse pas d’étoffer son palmarès. Grâce à son père, il a commencé à s’intéresser à la musique. Il est accordeur de piano et, avec sa mandoline, il joue avec brio de belles mélodies. Grand fan du feu Lounès Matoub, il a composé deux albums. Mon printemps et Se souvenir. En 2018, il s’est marié avec une Kabyle.

C’est difficile de se remettre d’un tel drame, mais certaines personnes trouvent toujours le courage et la force de surmonter les pires atrocités de ce monde dans lequel nous vivons et faire face aux aléas de la vie en relevant des défis pour survivre. Ces gens, à l’instar de Hakim Arezki, font partie de la famille des guerriers.

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