Il y a 64 ans naissait le père du nationalisme kabyle

C’est un 24 janvier 1956 que naissait à Taourirt Moussa en Kabylie, Lounès Matoub qui changea et aura à jamais changé, la conscience collective du peuple kabyle.

Courageux, audacieux, travailleur, baroudeur, intrépide et indomptable mais aussi généreux, les mots ne suffisent pas pour décrire la personnalité de Lounès Matoub.

Lounès Matoub est le seul chanteur qui soit capable de faire rêver la jeunesse kabyle. À lui seul, il vaut une armée de leaders manieurs de foules. Il n’y eu qu’un Lounès Matoub  il n’y en aura plus jamais, c’est le plus grand chanteur et patriote kabyle de tous les temps !

Lounès était l’enfant du peuple et aimé du peuple, il joignit le geste à la parole. Ni les menaces, ni les intimidations, ni même les attentats qui l’ont mutilé physiquement (rafale de kalachnikov de gendarmes algériens le 09 octobre 1988), n’ont pu avoir raison de son courage. Il ne s’est jamais soustrait quand d’autres se sont exilés pour fuir les islamistes malgré les péripéties et les situations dramatiques qu’il a vécues (kidnapping et séquestration par des terroristes islamistes en septembre 1994). Il était toujours là sur le terrain à chanter et à dénoncer le pouvoir algérien et les islamistes.

Lounès était franc et honnête, il a dit tout haut ce que les autres pensent tout bas sans ambages. Il s’offre nu, et sans la moindre pudeur, avec ses qualités et ses défauts. Il ne maquille ni son cœur, ni son langage. Il joue son propre personnage, celui qui dérange l’ordre établi.

À travers son œuvre monumentale et anticonformiste, il a abordé une grande diversité thématique, toutes les substances taboues de la société kabyle et les maux sociaux, religieux et politiques. Lounès a su sublimer la jeunesse par l’amour, la vie et l’espoir qu’il chantait.

Ces chansons sont tel un grand livre ou tel un ami intime, qui connaissait parfaitement nos moments de faiblesse et nos blessures profondes. Il a exprimé tout ce qui rongeait le peuple kabyle de l’intérieur, avec des mots et des mélodies.

Lounès a mené son combat avec détermination et bravoure jusqu’au jour fatidique où il sera assassiné lâchement un 25 juin 1998, sur la route menant à son village, Taourirt Moussa, par un groupe armé. Quelques semaines avant son assassinat, il préparait la sortie d’un album intitulé « Lettre ouverte aux » qui s’ouvre par un texte en kabyle sur l’air, arrangé, de l’hymne national algérien. Il y exprime clairement son vœu d’un État kabyle :

« Ulayɣer nerǧa asirem Ma nesenned f sber Amsedrar ur iḥekkem Ɣas yeɣra yezwer … Ddwa-s ad ncerreg tamurt Ad nebrez tura ». « Il n’y a pas d’espoir à guetter la liberté en s’armant de patience, le montagnard ne verra pas son règne, même s’il est intellectuel et sage… le remède, c’est le séparatisme. »

Même chose lors d’un gala au zénith en 1997, où il déclarera publiquement :

« Je préfère dire, n’en déplaise à certains, que je suis Kabyle. Je suis Kabyle, ce n’est pas que je rejette les autres. Je peux bien conjuguer le « why not » mais je suis Kabyle. Et ce n’est pas utopique, de dire qu’on voudrait une République de Kabylie, une autonomie, pour être nous-mêmes, Axatar wiyaḍ, c’est l’incompatibilité totale am jenjar i tiṭ. »

Les dernières déclarations de Lounès sont-elles à l’origine de son assassinat ? Nous ne le saurons peut-être jamais ! 22 ans après son lâche assassinat, le crime n’a jamais été élucidé et ses assassins non identifiés.

Warr issem warr 

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