Kabylie, je t’aime

Nous les Kabyles, ne sommes peut-être pas « civilisés » : on ne sait pas jeter les bouteilles vides de bière dans la poubelle… Mais on ne jette pas nos pères, nos mères, comme des chaussettes usées, dans des « maisons de retraite ». Nous ne sommes peut-être pas un pays riche, mais il n’y a pas de SDF qui rodent dans nos rues. Personne ne crève de froid ou de faim chez-nous. On a le sens du partage. Nos femmes ne sont peut-être pas indépendantes, mais elles ont l’honneur, la force et le courage de se battre. Elles ont pris les armes pour défendre la liberté, à l’époque où la femme européenne portait une ceinture de chasteté. Quand des vieux ou des femmes se font agresser devant nous, on ne baisse pas les yeux ; on intervient. On porte secours. La lâcheté, on ne connaît pas. On n’a peut-être pas la « technologie», mais on a des valeurs, le sens de l’honneur. Nous sommes soudés dans l’adversité. Quand on touche à l’un des nôtres, c’est tout le peuple qui se soulève. À mains nues, on s’est dressés sans peur contre les AK 47 des Algériens.

Kabylie, je t’aime ! Kabylie, je t’aime même s’ils ont occulté ton histoire ! Kabylie je t’aime même s’ils ont bâillonné ta bouche. Ils veulent effacer toute trace de ton histoire, mais tes enfant seront toujours là pour rétablir les vérités :

– Le premier roman de l’histoire de l’humanité fût rédigé par Apulé. L’un de mes ancêtres.

– La mythologie grecque, comme l’atteste Hérodote, n’est qu’un remake de la mythologie berbère. Athèna, par exemple, était une reine berbère.

– Le roi qui repoussa l’invasion égyptienne en Afrique, Sheshonq, était également l’un de mes ancêtres. Non seulement il a repoussé les Égyptiens, mais il mit l’Égypte à genoux, devenant Pharaon, en 950 avant Jésus-Christ. C’est d’ailleurs ce jour qui marqua le début du calendrier kabyle. Oui, le calendrier kabyle a 950 années d’avance sur le calendrier chrétien.

– Le père de l’église occidentale, Saint Augustin, était l’enfant de mon peuple.

– La civilisation grecque a été grandement influencée par mon peuple; la République de Platon est un clin d’œil à l’organisation sociopolitique kabyle. L’agora (grecque) tire ses racines du mot kabyle «agraw». Je laisse Hérodote en témoigner.

– Leonardo Fibonacci, Léonard de Vinci ainsi que plusieurs autres savants occidentaux furent instruits et formés en Kabylie.

– Bien avant Jeanne D’Arc, la première femme de l’histoire à prendre les armes et à être à la tête d’une armée était Dyhia, une Kabyle. Elle a combattu ardemment l’invasion musulmane, avant qu’elle ne se fasse capturer et décapiter, par ceux que certains kabyles vénèrent aujourd’hui même.

– Okba ibn nafaa, le pionnier des invasions et conquêtes musulmanes, s’est fait sectionner la tête par Aksil, un prince kabyle.

Malheureusement, de nos jours, les Kabyles ne disposent pas d’eux-mêmes : le carcan algérien les confine au stade larvaire, les empêchant de devenir des papillons… Mais les voilà, dispersés à travers le monde, pour révolutionner tous les domaines de la haute connaissance. Les voilà au CERN, à la NAZA, à Oxford et à Harvard, enseigner et développer savoirs et sciences, au service des étrangers plutôt qu’à celui de leur peuple; ne disposant que de cette seule liberté…

Kabylie, je t’aime.
Djafar Khenane

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