mar. Nov 20th, 2018

Karim Akouche finaliste au Prix Littéraire Beur FM Méditerranée 2018

Paris (Kabyles.com) —L’auteur Kabylo-Canadien, Karim Akouche, est finaliste au Prix Littéraire Beur FM Méditerranée 2018. Une sélection qui coïncide avec la 24e édition du Maghreb-Orient des Livres. Elle aura lieu à l’Hôtel de Ville de Paris sous l’égide de la radio française Beur FM en partenariat avec TV5 Monde, ce samedi 3 février 2018, de 14h à 16h.

Samia Messaoudi et Adile Farquane vont animer cette émission spéciale au cours de laquelle différents auteurs viendront présenter leurs œuvres. Le prix littéraire Beur FM Méditerranée est décerné chaque année dans le but de valoriser la littérature méditerranéenne en récompensant un ouvrage (roman ou récit), publié en langue française et édité en France, abordant les thèmes de la Méditerranée ou encore de l’identité plurielle.

Beur FM, en collaboration avec TV5 Monde, remettra le 21ème Prix Littéraire Beur FM Méditerranée, en direct et en public, au gagnant. Cette année 3 ouvrages sont en compétition :

La religion de ma mère de Karim Akouche (Archipel-Écriture, Paris, octobre 2017)

« Écrire, c’est coudre ses blessures avec la pointe de son stylo. » Karim Akouche use de son style rythmé et tranchant pour dresser le tableau d’une patrie fragmentée et une histoire tumultueuse. La religion de ma mère est une œuvre romanesque percutante. « La prose de l’auteur est vigoureuse, souple, mesurée, impulsée par une rythmique proche de la poésie. Cette richesse reflète la sensibilité particulière de l’écrivain à l’égard du langage» que son ami Gary Klang, docteur ès lettres de la Sorbonne, auteur d’une quinzaine d’ouvrages, président de la section de Montréal de la Société des Écrivains Canadiens et des Écrivains francophones d’Amérique, membre de l’UNEQ, de l’Académie Européenne des Sciences, des Lettres et des Arts, du PEN Club Québec et de l’ADELF…a baptisé cette manière d’écrire le style mitraillette, car « de la plume inspirée de Karim naît une atmosphère d’une surprenante originalité. Ses mots jaillissent avec la rapidité et la force des balles d’une mitraillette qui ne cracherait pas de l’acier pour tuer, mais des phrases qui ne laisseront personne indifférent. Karim a bien compris l’essence de la littérature qui est de trouver un ton et une voix parfaitement adaptés au sujet traité et, dans ce cas précis, à la dépossession, thème central de son roman.»

Exilé à Montréal, Mirak apprend la mort de sa mère qu’il n’a pas revue depuis longtemps et rentre en Algérie pour l’enterrement. Il traverse une dépossession au fur et à mesure qu’il croise les lieux et les visages de son enfance dans un pays méconnaissable où règnent l’absurde et le chaos. À travers la quête désespérée d’un passé révolu et la découverte d’un présent violent, le narrateur brosse l’émouvant portrait de sa mère et le confronte à l’égarement de son peuple. Alternant monologue et récit, Mirak interroge l’identité d’une nation fragmentée qui peine à se remettre d’une longue crise politique.

La religion de ma mère est le roman de la désintégration de l’être humain. Après la disparition de sa mère, Mirak se décompose, son père devient fou, son frère se transforme en djihadiste… On se croirait dans un asile d’aliénés à ciel ouvert. Ce roman exprime on ne peut mieux la folie et la confusion de notre époque.

Nos richesses de Kaouther Adimi (Le Seuil)

En 1935, Edmond Charlot a vingt ans et il rentre à Alger avec une seule idée en tête, prendre exemple sur Adrienne Monnier et sa librairie parisienne. Charlot le sait, sa vocation est d’accoucher, de choisir de jeunes écrivains de la Méditerranée, sans distinction de langue ou de religion. Placée sous l’égide de Giono, sa minuscule librairie est baptisée Les Vraies Richesses. Et pour inaugurer son catalogue, il publie le premier texte d’un inconnu : Albert Camus. Charlot exulte, ignorant encore que vouer sa vie aux livres, c’est aussi la sacrifier aux aléas de l’infortune. Et à ceux de l’Histoire. Car la révolte gronde en Algérie en cette veille de Seconde Guerre mondiale.

En 2017, Ryad a le même âge que Charlot à ses débuts. Mais lui n’éprouve qu’indifférence pour la littérature. Étudiant à Paris, il est de passage à Alger avec la charge de repeindre une librairie poussiéreuse, où les livres céderont bientôt la place à des beignets. Pourtant, vider ces lieux se révèle étrangement compliqué par la surveillance du vieil Abdallah, le gardien du temple.

Le cœur à l’outrage de Kaddour Hadadi (Riveneuve Editions)

En dépit des attentats et des blessures de la Révolution, le roman poétique conte l’histoire d’Elsa et Mohammed cherchant à faire tenir leur histoire d’amour entre Paris et Tunis. Une composition mélodique au service de la justesse des sentiments.

Elsa et Mohammed se rencontrent alors qu’ils sont étudiants. Ils se plaisent, et deviennent vite très bons amis. Ils prennent du temps à se dire amoureux. C’est loin de leur vie parisienne et étudiante, qu’ils apprennent à s’aimer fort. En Tunisie. Au cours de la révolution tunisienne Mohamed décide de rentrer au pays pour manifester et montrer son mécontentement. Elsa l’accompagne et rencontre sa famille. Ce qui touche Paris touche Tunis. Paris est alors victime des attentats. Tunis le sera bientôt. Les peuple tunisien et français sont ensemble contre ces injustices et le roman le crie haut et fort : “Sens-tu comme un parfum de révolution qui flotte dans l’air ? Par-delà les nations, la révolte est planétaire”. A travers l’histoire d’Elsa et Mohammed, Kaddour Hadadi explore, avec justesse, à quel point le plus grand combat reste l’Amour. Qu’il peut traverser le temps et les épreuves. Les deux protagonistes doivent affronter ensemble la colère due à la Révolution. L’incompréhension parfois due à leurs différents milieux sociaux. La frustration quand on pense tout savoir. Et surtout la complicité partagée.

L’amour s’écrit et se lit sous différentes formes. L’auteur navigue entre trois genres : le récit romanesque, la poésie et l’épistolaire. Au fil du récit où s’impose rapidement la poésie, les lettres entrent progressivement en scène. Le roman se déguise et laisse place à un échange privé. Les personnages mettent le lecteur dans la confidence. Une fois de retour à Paris Mohamed veut s’installer avec Elsa. L’un des chapitres est nommé “ il y a toujours un mais”. Les disparités se lisent les désaccords se manifestent. Tout n’est pas tout rose dans une relation. Lui veut aller plus loin, plus vite, s’engager et vivre avec elle sous le même toit. Elle veut prendre son temps. Ils se rapprochent et s’éloignent en même temps. Les ruptures temporaires ne sont pas assez narrées dans les histoires d’amour. HK prend le temps de le faire. « Pudeur, prudence, peur ou patience … toujours est-il que le moment se fait encore attendre. » Il prend surtout le temps, dans un élan poétique sans faille, de raconter la vie…avec les attentats. « Il est temps d’instaurer la religion de l’amour », disait Louis Aragon cité dans Le cœur à l’outrage tandis que c’est un vers de Elsa Triolet qui ouvre le roman : « Le vrai rêveur est celui qui rêve de l’impossible. » Un amour de 35 ans entre le poète du XXe siècle et sa muse, qui infuse l’histoire d’Elsa et Mohammed. Malgré tout.

Ci-dessous, l’annonce de Beur FM

Samedi 3 février 2018, Beur FM délocalisera ses studios à l’Hôtel de Ville de Paris pour couvrir la 24e édition du Maghreb-Orient des Livres. Une émission spéciale de 2h ! De 14h à 16h, Beur FM proposera une émission spéciale, présentée par Samia Messaoudi et Adile Farquane, au cours de laquelle différents auteurs viendront présenter leurs œuvres. La remise du Prix Littéraire Beur FM Méditerranée 2018 ! À l’issue de cette émission, Beur FM remettra, en direct et en public, le 21e Prix Littéraire Beur FM Méditerranée (en partenariat avec TV5 Monde). Le Prix Littéraire Beur FM Méditerranée a objectif de valoriser la littérature méditerranéenne en récompensant un ouvrage (roman ou récit), publié en langue française et édité en France, abordant les thèmes du Maghreb, de la Méditerranée ou encore de l’identité plurielle. Cette année, 3 ouvrages sont en compétition :
– « Nos richesses » de Kaouther Adimi (Le Seuil)
– « Le cœur à l’outrage » de HK (Riveneuve Éditions)
– « La religion de ma mère » de Karim Akouche (Écriture)

B.A

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