jeu. Nov 15th, 2018

Le culte de la médiocrité

Récemment, j’ai parlé, sur mon Facebook, de patates et de la nécessité de spécifier leur variété. Pour certains, cela était un sujet ridicule, petit. Mais, vous devez comprendre que ce sont les petites choses qui se tissent pour produire les grandes choses. Ce sont les atomes qui forment la matière, pourtant les atomes sont infiniment petits.

Si nous nous intéressions plus aux petites choses, notre peuple serait beaucoup mieux. Une pyramide, elle se construit par le bas. Malheureusement, un triste phénomène maintient notre peuple à un stade larvaire. Un parasite psychologique qui empêche mon peuple de se laisser pousser des ailes. Une maladie qui pousse notre peuple à hiberner à jamais dans son cocon. Ce phénomène, c’est le culte de la médiocrité.

Notre peuple, comme je l’ai écrit à maintes reprises considère tristement que tout ce qui est beau, moderne, civilisé n’est le propre que de l’Occidental. Jadis, quand je m’habillais bien, ma grand-mère me disait : « Tu es beau comme un roumi (Français) », qui de nous n’a pas entendu cette expression ? Encore une fois, c’est comme si la beauté est une exclusivité occidentale…

Nous sommes en 2018, et rien n’a changé. Rares sont ceux qui se différencient, tous font dans le mimétisme archaïque. Personne ne se laisse guider par ses rêves, personne ne voit les choses en grand.

J’ai travaillé, il y’a quelques années,  pour une entreprise à haut potentiel économique. Mais les patrons ne souhaitaient pas accroître l’entreprise, ils ne voulaient pas viser d’autres segments du marché. Les clients commandaient, et l’entreprise ne produisait que de quoi combler cette demande. L’entreprise n’a pas changé ou amélioré ses produits depuis son lancement.

D’ailleurs, le jour où j’avais postulé, le vigile m’a dit bêtement : « Ici, on n’a pas besoin de marketing ». Pauvre con. La philosophie de l’entreprise, c’était « On ne change pas une équipe qui fait match nul. »

Voici un deuxième exemple de ce culte de la médiocrité :  un ami a ouvert une boite informatique. Je savais que c’était dur de débuter dans ce domaine et de s’imposer, j’avais donc, en bon ami, décidé de l’aider. Je lui ai fait bénévolement tout un plan marketing. Je lui ai concocté un magnifique logo, approuvé par des amis experts en communication. Mais le jour de l’ouverture, coup de théâtre, il n’a pas utilisé mon logo. Il n’a pas du tout utilisé de logo. Il a fait les mêmes panneaux publicitaires que tout le monde. Toutes les boites informatiques de ma ville utilisent les mêmes panneaux, bravo l’originalité.

Personne n’ose sortir du lot.

Si la Silicon Valley était en Kabylie, elle n’aurait produit que du coucous.

Revenons aux frites, vous vous rendez compte que c’est presque impossible de trouver un fast-food qui fait de bonnes frites ? Ce n’est pourtant pas de la gastronomie ; un simple tutoriel sur YouTube pourrait vous apprendre à faire des frites convenablement.

Parlons pizza, tous nos pizzaïolos font les mêmes pizzas, avec le même fromage sans saveur. Personne ne s’est dit que les vraies pizzas contiennent de la MOZZARELLA ? Mozzarella, personne ne sait ce que c’est ?

Personne n’en produit en Kabylie ? Oui, les culte de la médiocrité  : « Nous ne sommes pas des Européens pour manger de la mozzarella. »

Mon peuple adule l’Europe, mais se comporte en bédouin. Comme si évoluer et se civiliser était un crime.

À suivre…

Djafar Khenane

 

2 thoughts on “Le culte de la médiocrité

  1. Si les kabyles ne s’interessent pas aux détails et au raffinement c’est plus pas culture de subsistance que par refus de l’évolution. La culture de sibsistance est encore dominante dans nos gênes, les prémices du changement pointent leurs nez à l’horizon. La phobie de la misère nous habite et nous hante.

  2. Merci Sieur Khenane pour cette vue de ce phénomène bien Kabyle, et comme vous l’écrivez si bien : « Si la Silicon Valley était en Kabylie, elle n’aurait produit que du coucous. » Puis-je y ajouter : « … et ce en y omettant l’autre phénomène qui va de connivence avec cette médiocrité innée : à savoir le « laissez-faire « .
    Et donc pour une histoire et question de  » vallée et Kabylie » , puis-je faire remarquer que si notre Kabylie a vu sa belle « Valley » -avec i grec -, celle de la fameuse Soummam se transformer peu à peu depuis l’indépendance en  » égout à ciel ouvert  » c’est bien à cause des deux !

    Ǝ-miss Ṁuḥend Ṻjaεƒer

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