Les réactions déterminent les révolutions (VI)

Idée générale de la Révolution au dix-neuvième siècle

Je prouverai dans les différentes parties de cet écrit, et je vais dès à présent établir de la manière la plus victorieuse, que la révolution n’a marché, depuis trois ans, que par la réaction rouge, tricolore, blanche, qui l’a accueillie ; et quand je dis marché, je prends le mot dans le sens de la détermination de l’idée, comme de la propagation du fait. Si la révolution n’existait pas, sachez-le bien, la réaction l’inventerait. L’Idée conçue vaguement sous l’aiguillon du besoin, puis dégrossie, formulée par la contradiction, devient rapidement un droit. Et comme les droits sont solidaires, qu’on ne peut en nier un seul sans sacrifier en même temps tous les autres, il en résulte qu’un gouvernement de réaction est entraîné par le fantôme qu’il poursuit à un arbitraire sans fin, et qu’à force de vouloir sauver la société de la révolution, il intéresse à cette révolution la société tout entière. C’est ainsi que l’ancienne monarchie, renvoyant d’abord Turgot, puis Necker ; s’opposant à toutes les réformes, mécontentant tiers-état, parlements, clergé, noblesse, créa, je veux dire fit entrer dans le monde des faits, la révolution, qui, depuis ce jour, n’a cessé de croître et embellir, et d’étendre ses conquêtes.

Un phénomène analogue s’est produit depuis février. Est-ce qu’enfin nos adversaires de toute couleur, comprenant l’absurdité de leur entreprise, ne se décideront pas à faire retraite

Proudhon, Idée générale de la Révolution au dix-neuvième siècle, 1851

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