Les réactions déterminent les révolutions (XXIX)

Je sais bien que tel est votre fervent désir : je ne vous parle pas d’intentions. Je demande des actes, des gages.

Des gages à la Révolution, non des harangues ; des plans de rénovation économique, non des théories gouvernementales : voilà ce que veut, ce qu’attend de vous le prolétariat. Du gouvernement ! Ah ! nous en aurons toujours de reste. Il n’y a rien de plus contre-révolutionnaire, sachez-le bien, que le gouvernement. Quelque libéralisme qu’il affecte, de quelque nom qu’il se couvre, la Révolution le répudie ; sa mission est de le dissoudre dans l’organisation industrielle.

Prononcez-vous donc, une fois, catégoriquement, jacobins, girondins, montagnards, terroristes, indulgents, qui tous avez mérité le même blâme, et qui avez besoin d’un mutuel pardon. La fortune vous redevenant favorable, quel programme sera le vôtre ? Il ne s’agit pas de ce que vous voudriez avoir fait à une autre époque ; il s’agit de ce que vous allez faire dans des conditions qui ne sont plus les mêmes. Affirmez-vous, oui ou non, la Révolution ?…

Proudhon, Idée générale de la Révolution au dix-neuvième siècle, 1851

 

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