jeu. Nov 15th, 2018

Malika Domrane à Montréal, hommage à la mémoire de la défunte chanteuse Zohra

Montréal (Kabyles.com) Le Centre Culturel Kabyle de Montréal (CCK) et Taddart Bouadda – Association Tigjdit organisent un hommage à la mémoire de la défunte chanteuse Zohra, le 5 mai 2018, à 18h, au Ciné-Théâtre le Château sis au 6956, Rue Saint-Denis, Montréal, QC H2S 2S4 (Métro Jean-Talon). Un programme riche et varié est concocté pour le plaisir du public qui assistera à la projection d’un film du réalisateur Achour Kabache de Tigjdit Taddart Bouadda, retraçant la vie et l’œuvre de Zohra. La chanteuse Zahia Belaid va reprendre quelques chansons de Zohra. Il y aura aussi une lecture de poèmes évoquant l’artiste kabyle décédée jeune dans un accident de voiture. Malika Domrane, l’une des précurseurs de la chanson moderne kabyle qui a obtenu la médaille d’or au 1er festival panafricain en 1969, va interpréter des chansons de Zohra ainsi son riche répertoire. Les chanteuses seront accompagnées par un super groupe de musiciens à leur tête Rafik. L’animation sera assurée par le jeune perspicace et talentueux Rida Amrani.

Deux femmes, deux artistes, une vision : la liberté

L’une c’est Malika Domrane, une artiste engagée et militante aguerrie de Tizi Hibel, commune d’Aït Mahmoud, elle a nargué, à maintes reprises, les despotes du pouvoir colonial algérien. L’autre c’est la voix de l’aise et l’enchantement, la défunte résiliente Zohra d’origine d’Aguemoune, village de Larbaâ Nath Irathen. Deux artistes kabyles accomplies. Deux visionnaires d’une ère et d’un espace, de leur propre peuple et tout un destin. Un peuple qui ne cesse de revendiquer sa langue et son identité kabyles ainsi que ses origines amazighes longtemps secourues par les femmes kabyles. Les deux artistes, Zohra et Malika Domrane ont chanté l’amour de la vie et du prochain, la douleur profonde et celle des alentours, la joie, la foi, la loi, la vie et la mort. Ce sont deux femmes assoiffées de liberté et surtout deux femmes belles et rebelles.

Contre le déni et l’asservissement

Le combat n’est pas fini ni contre le déni identitaire imposé par le pouvoir colonial algérien ni pour les droits des femmes en Kabylie disent-elles. Elles chantent en kabyle mais leur musique est dédiée à tout l’univers. Les deux artistes considèrent que nulle société ne peut progresser sans l’émancipation de la femme. Aucun pays ne peut faire face aux défis quotidiens sans l’implication des femmes dans l’édification de son avenir. Il n’ y a que les peuples libres qui avancent, in fine.

C’est pourquoi, la femme kabyle doit se faire une place et assumer son rôle d’actrice principale dans le processus de la libération et du développement de la Nation kabyle. La Kabylie doit renouer avec ses valeurs d’équité, de justice, d’égalité, de liberté et du respect. La femme kabyle est digne de par son expérience et son caractère.

Forgeons notre histoire, notre identité et notre avenir à la grandeur de ces magnifiques femmes libres et de cette Kabylie indomptable.

Cet hommage est un devoir de mémoire, une opportunité de réflexion sur un parcours atypique d’une Kabyle préservée de l’infâme mission de l’école algérienne mais indigente dans une société désobligeante. C’est aussi la reconnaissance d’une artiste engagée envers une autre artiste résiliente . C’est un honneur pour deux femmes inspirées et inspirantes, tout simplement.

Bon spectacle à toutes et à tous!

Boualem Afir

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