mer. Déc 12th, 2018

Mon peuple veut voler… comme une autruche

Dans nos rues, quand je marche, je contemple les gens, et je m’aperçois que beaucoup d’entre eux font des têtes d’enterrement. Des visages tristes aux expressions lugubres. Mon peuple est triste.
Mon peuple est emprisonné dans une cage dont les barreaux ont été forgés dans les flammes de l’hypocrisie. Mon peuple veut vivre, respirer, mais le carcan du cagotisme le tient prisonnier.

Les Kabyles veulent déployer leurs ailes, mais les têtes tardent à sortir du sable ; les autruches ne volent pas. Le sourire reviendra sur nos lèvres, le jour où nous briserons cette hypocrisie qui nous enchaîne.

La peur de la police, ce n’est pas cela qui dicte aux consciences kabyles de fermer les cafés et restaurants durant le ramadan, mais c’est plutôt cette lâche soumission hypocrite à l’in-sagesse populaire. Une sagesse putride qui nous enseigne que ôter une âme est un acte moins grave que porter atteinte à la sacralité du ramadan.

Les Kabyles sont réputés pour être ouverts d’esprits. Oui, mais seulement en apparence. Je suis un pur produit kabyle et je sais très bien de quoi je parle.

La carte du grand simulacre, ce sont les défenseurs des droits des femmes qui la jouent. Tous les Kabyles voudraient que les femmes soient libres, mais personne n’est disposé à libérer sa sœur. Les femmes ne sont pas des objets, ni des propriétés. Vouloir les transformer en moutons qu’on commande avec un bâton produira l’inverse du fait souhaité. La troisième loi de Newton. Personnellement, je préfère voir une femme kabyle boire et fumer publiquement sur une terrasse d’un café, que de voir une étudiante boire jusqu’au coma éthylique dans sa petite chambre à Bastos.

La palme d’or de l’hypocrisie revient sans contestation aux politicards, les champions du « fais ce que je dis, fais pas ce que je fais ». Ils s’érigent en grands sauveurs de la nation, mais ne lui tendent pas la main pour la sauver de la noyade.

Pour sauver notre peuple, il faudra peut-être le placer humblement devant un miroir.

A suivre..

Djafar Khenane

 

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