Chronique

Pour une commune démarche politique kabyle

Les tergiversations sur la question kabyle depuis la construction des entités pré-nationales pour former l’État-nation algérien se sont toujours soldées par des résultantes extrêmement violentes vis-à-vis des Kabyles, car ces derniers ont toujours privilégié l’intérêt commun en dépit de leur propre intérêt en pensant que l’expression de leur propre vision du monde porte préjudice à la nation et l’unité algérienne qui était nécessaire contre la colonisation, ce qui était un élément qu’il fallait résoudre avant tout autre problématique politique, sociale, identitaire et civilisationnelle.
Cette rhétorique « unitariste » et porteuse du sacrifice ultime a été reprise par les générations Kabyles postindépendance où la notion de « la colonisation » qui nous obligeait de fuir tout débat de fond sur nos divergences internes pour aboutir à « l’indépendance » a été simplement remplacée par la notion du « Système politique » pour aboutir à un « État de droit » et dans les deux cas les Kabyles ont préféré sacrifier tout pour l’idéal commun sans en avoir aucune assurance pour leur sécurité et prospérité. Ceci n’est nullement une erreur mais au contraire, ça doit être considéré par le citoyen kabyle comme un signe profond de sa noblesse.

Toutefois, les Kabyles doivent revisiter l’Histoire et revoir leur « démarche politique commune » depuis la présence turque à nos jours, car le monde a changé ; l’Algérie doit s’adapter et le Kabyle doit penser à lui-même. Les démarches pour aboutir à une stratégie consensuelle entre les millions de Kabyles divisés et traversés par des courants politiques qui veulent porter la responsabilité du malheur de l’Afrique tout entière est en train d’être élaborée par une nouvelle génération qui a compris les enjeux auxquels « le peuple kabyle » est confronté. Cette génération veut avant tout protéger ses intérêts et revoir le pacte moral, politique et social qui la lie à l’entité Algérienne ; ce n’est plus acceptable de participer dans une démarche politique qui ne reconnait pas clairement la souveraineté des Kabyles sur leur propre terre, et ceci ne signifie pas une indépendance ou bien une quelconque idée séparatiste, mais tout simplement un nouveau contrat social de l’État national algérien, où le Kabyle doit arrêter de penser à l’avenir d’une telle ou telle entité mais doit penser exclusivement à la sienne et à son épanouissement et ceci s’appelle de la politique car le discours humaniste ce n’est pas aux Kabyles qu’il faudra le montrer.

De ce fait, il est urgent de faire un appel non pas à l’ancienne élite kabyle mais à la nouvelle qui doit être en mesure de créer la renaissance du « géant kabyle », qui proposera une vraie alternative sur le plan d’une construction politique qui pourra agir dans le cadre de l’État national algérien mais sans aucune concession sur son intérêt qui repose sur ses fondements existentiels et anticiper ainsi les grands cataclysmes futurs où la Kabylie devra négocier en entier une participation réelle au changement de l’Algérie, car aucun être raisonnable ne peut s’engager dans un processus dans lequel il n’a pas encore négocier les clauses de son orientation car autrement cela s’appelle de la naïveté ou bien tout simplement un suicide. Et je pense que c’est l’erreur qu’on avait faite avec les Turcs, les Français, le mouvement national, la révolution algérienne et le mouvement du 22 février.
Merci

Athmane Bessalem

 

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